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 Syrie les vrais responsables du conflit

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orné
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MessageSujet: Syrie les vrais responsables du conflit    Dim 6 Nov - 10:24

Bonjour,
Quand ils évoquent la guerre en Syrie, Ils "oublient" toujours d'invoquer les vraies raisons, c'est la place stratégique qu'occupe la Syrie sur la place qu'elle occupe dans la course au monopole de l'énergie. Dès 2006 les Etats unis et l'ONU discutait du cas de la Syrie et de la faire envahir par des groupes armée dit "rebelles" . L'élément déclencheur fut le revirement de Assad de signer un projet d'oléoduc avec le Qatar, l'Arabie Saoudite et la Turquie. Mais il signera plutôt avec l'Iran et l'Irak, ce qui mettra en colère BP, Total et Exxomobil, soit anglais, français et américains. Se sera le réel élément déclencheur et non le fait que Assad massacrerait son peuple...
Orné


Syrie les vrais responsables du conflit

Je vous proposes divers reportages pour comprendre les réels enjeux en Syrie et qui sont les vrais responsables de cette catastrophe humanitaire où c'est toujours le peuple qui paie le plus lourd tribut.





3 minutes pour comprendre - Syrie : le gaz dans la bataille



Dahlia Wasfi : "No Justice No Peace"  (option traduire en français disponible)





Terrorisme. Qui a commencé ?

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Un œil sur la planète Syrie le grand aveuglement France2 du 18 février 2016



Ceci est la première vidéo faite par une chaine publique occidentale avec une certaine objectivité sur la Syrie. J'ai écrit depuis 2011 que ce soit sur la Syrie que sur la Libye que le trio Obama, Cameron et Sarkozy étaient à coté de la plaque. Hollande est venu démontrer un tel amateurisme en politique internationale que je me suis demandé pas 100 mais 1000 fois si la prétendue démocratie avancée ne faisait émerger que les plus médiocres.

Je tire un chapeau à Madame Soula pour son courage dans ce documentaire à dire exactement ce que je dis depuis 2011 sans peur des représailles de la part de ses supérieurs à France-Télévision, par exemple qu'on ne peut pas appeler "rebelles modérés" des gens armés. Cette vidéo dure 1 heure et 25 minutes. Prenez le temps de tout regarder.

La leçon pour les africains qui sont prêts à déstabiliser leurs pays depuis Paris, Londres ou Washington qu'aujourd'hui, vous risquez de n'avoir au final que vos yeux pour pleurer les cendres dans lesquelles vous aurez réduit votre pays. L'Ambassade de Syrie en France donnée par la France à une syrien qui vivait là depuis 1970 avec passeport français, doit nous réveiller sur nos faux débats sur la double nationalité. Je reste convaincu que si quelqu'un a étudié ou séjourné à l'étranger, il ne peut pas accéder aux hautes fonctions de l'Etat en Afrique.




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akasha
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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Dim 29 Jan - 1:23

Syrie: des scientifiques allemands démasquent les positions des médias mainstream



Dans leur déclaration commune, un groupe de professeurs allemands se sont prononcés contre les positions des médias mainstream occidentaux sur la Syrie et le rôle de la Russie et de l'Iran dans le conflit qui secoue depuis près de six ans ce pays proche-oriental, rappelant où cette guerre civile plonge ses racines.

Les membres du conseil scientifique de l'organisation Attac Deutschland, qui s'oppose aux processus de globalisation, constatent dans leur Déclaration sur la guerre en Syrie que la Russie et l'Iran « ont d'abord épuisé toutes les chances de parvenir à un règlement politique du conflit » et ce n'est qu'après qu'ils ont eu recours à une intervention armée.

Le Renversement d'Assad était planifié depuis 2001


Boris Johnson appelle à ne pas diaboliser la Russie


Les scientifiques qui ont apposé leurs signatures au bas du document, rappellent que, d'après les déclarations de l'ancien commandant des forces de l'Otan en Europe Wesley Clark, tout de suite après les attentats du 11 septembre les États-Unis avaient décidé de renverser les autorités dans sept pays, y compris en Syrie.

Depuis 2005 ont été mis en place des conditions dans le but d'atteindre cet objectif, dont « d'innombrables actions médiatiques propagandistes visant le pouvoir d'Assad » et « le financement et la formation d'une armée de djihadistes », qualifiés dans les médias mainstream d'« opposition modérée ».

« Cependant, la majeure partie des forces armées de cette opposition s'apparentaient au système d'Al-Qaïda et aux islamistes radicaux du Front al-Nosra que les médias américains eux-mêmes qualifiaient jusque-là d'organisations terroristes.


Petit lexique sur le conflit syrien à l’usage des médias mainstream


Or, ce sont ces mêmes groupes qu'on envisageait d'employer pour renverser les autorités syriennes et iraniennes, dit le texte de la déclaration.

La Russie ne s'est pas ingérée dans la situation en Syrie tant qu'il s'agissait d'un conflit interne. Moscou n'a pris parti pour le gouvernement syrien que lorsque l'organisation terroriste Daech a réussi par le biais de la « terreur et avec le soutien militaire et logistique des services spéciaux américains, saoudiens et turcs à prendre le contrôle de larges territoires du nord de l'Irak, y compris la ville de Mossoul ».

Attaque de sarin et désarmement chimique


Armes chimiques en Syrie: et si on cherchait le vrai coupable?


Les auteurs de la déclaration considèrent que si en août 2013 le président américain de l'époque Barack Obama a pris la décision surprise d'ajourner une frappe sur la Syrie c'est parce qu'il avait compris qu'il serait impossible de prouver l'implication de Damas dans l'attaque chimique perpétrée à Gouta. Les échantillons de sarin prélevés par des experts ont montré que les substances toxiques ne provenaient pas des arsenaux de l'armée syrienne.

Le président US a alors emprunté le plan B: il n'y aura pas de frappes si Assad accepte de détruire tous ses arsenaux d'armes chimiques sous le contrôle de l'Onu.

« Au bout du compte, c'est la Russie (…) qui a profité grâce à son habilité diplomatique de ce changement de cap pour détruire tous les arsenaux d'armes chimiques syriennes avec le concours des États-Unis et la surveillance des Nations unies », est-il indiqué. Toutefois, regrettent les auteurs du document, les médias mainstream n'ont même pas cité cet exemple de la politique pacifiste de Moscou.

« Assad ne peut pas partir »


Washington: Assad devra partir, même au prix du sang versé en Syrie


La Russie et l'Iran ont déployé tous leurs efforts pour apporter une solution politique à la crise syrienne, écrivent les auteurs du rapport, rappelant un grand nombre d'initiatives de cessez-le-feu à Alep. Les scientifiques blâment les pays occidentaux et surtout les groupes armés qui ont rejeté toutes les négociations avec le président Bachar el-Assad, posant son départ comme préalable à tout dialogue.

Et pourtant, estiment-ils, n'importe que homme politique raisonnable et avisé aurait compris qu'Assad ne peut pas quitter son poste, même s'il le souhaite lui-même.

« Assad représente toutes les confessions et minorités ethniques de Syrie, notamment les alaouites, les chrétiens, les Yézidis et autres — ils soutiennent le régime d'Assad (…) et espèrent qu'il ne cédera pas ses positions et ne libérera pas le champ à Daech qui exterminera inévitablement toutes les minorités religieuses et les alaouites ».

Bonnes et mauvaises bombes


Les auteurs du rapport portent leur attention sur les victimes civiles. D'après leur point de vue, la couverture de ce sujet dans les médias mainstream se caractérise par une étroitesse de vue ainsi que par une position antirusse.

« Bien que nous soyons opposés à une juxtaposition du nombre de morts des deux côtés, suite à une couverture unidimensionnelle et antirusse de ce sujet et à la propagande des médias occidentaux, il convient de rappeler que depuis le mois d'août 2014, 40 000 civils irakiens ont péri sous les bombes de la coalition internationale menée par les États-Unis, soit au moins quatre fois plus qu'à Alep. 15 000 personnes ont trouvé la mort rien qu'à Mossoul », stipule le document.


Les enfants tués à Alep, grands oubliés des médias occidentaux


Et d'ajouter que « depuis 1980 les États-Unis à eux seuls ont attaqué, occupé ou bombardé 14 États musulmans. Au cours des deux derniers centenaires, aucun pays musulman n'a jamais attaqué un État occidental ».

Ce sont l'Iran et la Russie qui portent toujours le chapeau des coupables, même lors de l'évacuation des groupes armés d'Alep. Mais lorsque des extrémistes ont mis le feu à huit bus syriens, les médias mainstream ont mangé leur langue.

Politique fatale de renversement de pouvoirs


"Les relations Russie-Occident sont pires que durant la guerre froide"


Les scientifiques sont extrêmement étonnés par le fait que les médias mainstream non seulement ne critiquent pas, mais ne disent pas un seul mot sur la politique « fatale de renversement de régimes au Proche et Moyen-Orient, menée par les États-Unis ».

Et pourtant, les « États manqués », terreaux fertiles pour le terrorisme et principale source du flux de migrants vers l'Europe sont les conséquences de la politique de Washington.

En conclusion, les auteurs du rapport se disent préoccupés par l'émergence d'« une nouvelle guerre froide entre l'Occident et la Russie » et exhortent toutes les institutions civiles à prendre part au débat politique et main dans la main avec les partisans du pacifisme à préconiser des moyens de prévention des conflits et des guerres.

Source : Sputnik News

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mer 1 Fév - 1:35

Gérard Chaliand sur la Syrie



Du très bon Chaliand, un de nos grand géopolitologues…

Source : Daily Motion, Gérard Chaliand, 29/01/2017


Gérard Chaliand sur Alep - 12/2016 par les-crises

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Jeu 2 Fév - 0:28

Une religieuse catholique de retour d’Alep : Les médias occidentaux mentent …



María Guadalupe Rodrigo est une religieuse argentine qui vivait à Alep dans le diocèse catholique depuis janvier 2011. Elle est également restée dans la ville pendant l’état de siège provoqué par des groupes terroristes.

Après son retour, elle a parlé de cette période à Alep. Sur place María Guadalupe Rodrigo a vécu de très près le début du conflit en Syrie.

Elle contredit la thèse courante des politiciens et médias occidentaux, selon laquelle le peuple syrien a approuvé « le printemps arabe » et qu’il est descendu pacifiquement dans la rue pour revendiquer la démocratie.



A partir de la fenêtre de son évêché elle a pu observer que des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour soutenir leur président Bachar al-Assad. Ce sont exactement ces mêmes images qui ont été prises par les chaînes d’information occidentales en prétendant exactement le contraire, que le peuple syrien descendait dans la rue pour exiger la démission du président.

Ensuite, María Guadalupe Rodrigo réfute la compréhension occidentale de la démocratie. Elle explique que les chrétiens en Syrie ont beaucoup plus de liberté religieuse sous Assad que n’en ont les chrétiens en Europe pseudo-démocratique.

Ecoutez maintenant un extrait de cinq minutes d’une conférence que María Guadalupe Rodrigo a donnée le 19 décembre 2015 en Espagne et qui donne aujourd’hui encore des éclaircissements sur la guerre en Syrie.

Quand ces manifestations ont commencé, la presse internationale, les médias, ont présenté ça comme si finalement le peuple syrien adhérait aussi au printemps arabe et était sorti pacifiquement dans la rue pour demander la démocratie. Mais en réalité les nouvelles qui nous arrivaient… vous voyez, de nos voisins, de ces villages, ne concordaient pas avec ce qu’on voyait à la télévision.

Les gens de ces villages disaient que des groupes armés étaient venus de l’extérieur de la Syrie. Ils disaient : « Ils parlent d’autres dialectes ! (Là-bas, chaque pays a son dialecte). Ce ne sont pas des Syriens ! Ils provoquent des troubles dans le peuple ! Ils ont déjà coupé en morceaux plusieurs chrétiens ! » Des chrétiens coupés en morceaux dans des sacs poubelle, dans une benne, avec un panneau : « Ne pas toucher. Il est chrétien ». Et ce serait ça, les manifestations pacifiques, selon la presse !

Quand ces choses ont commencé à se produire et à se multiplier très rapidement dans le pays, avec ces groupes armés qui viennent de l’extérieur, les gens sont sortis dans la rue. Là oui, ils sont sortis dans la rue. A Damas, la capitale, (vous voyez là Damas) et à Alep, la 2ème ville du pays – c’est là que nous avons la mission. Les gens sont sortis dans la rue, des milliers de personnes, avec des pancartes, des panneaux, des drapeaux, pour soutenir leur président. Pour exprimer et manifester leur opinion sur le gouvernement qu’ils ont. Et ce n’est pas parce que Bachar Al-Assad serait… je ne sais pas… la meilleure forme de gouvernement, ou un saint (il ne l’est probablement pas). Ce qu’il y a, c’est qu’ils préféraient continuer comme c’était, plutôt que de tomber entre les mains du fondamentalisme islamique.

Parce que le résultat de cette guerre n’allait pas être la démocratie, ils le voyaient venir ! Ces mêmes images que nous voyions, c’est-à-dire depuis les fenêtres de l’évêché, où nous étions, nous voyions passer ces gens, ils chantaient, ces mêmes images étaient reprises par des chaînes internationales d’information très importantes et commentées de la manière suivante : Les manifestations pacifiques du peuple syrien continuent ; le peuple sort dans la rue pour demander à son président de s’en aller. C’était ridicule ! Évidemment, qui comprend l’arabe, pour savoir qu’en réalité ils étaient en train de soutenir leur président ?

Et c’est pour cette raison qu’une des grandes souffrances de ce peuple, c’est ce grand mensonge qui a été monté autour de cette histoire ; c’est l’abandon de la part de l’Occident. Le peuple l’appelle le silence complice de l’Occident. Toutes les fois où ils ont essayé de se manifester et d’exprimer réellement leur opinion, ça a été totalement inversé.

Et rendez-vous compte : tout ce qui a été monté autour de cette guerre, voyez-vous, en réalité c’est une opération de grande ampleur qui a besoin, pour ainsi dire, du soutien, de l’approbation de l’opinion publique. C’est-à-dire que l’Occident approuve le fait que ces « rebelles » (entre guillemets), que ces « rebelles modérés » se lèvent contre le dictateur.

Mais il faut se rendre compte que c’est une erreur de l’Occident ; c’est une erreur que nous commettons en tant qu’Occidentaux de juger les arabes avec nos critères occidentaux. Et alors nous vivons nos démocraties et nous prétendons les imposer aux autres. Nous exportons nos démocraties à ces peuples. Quand en réalité ça fait des décennies qu’ils vivent de cette manière, ils vivaient bien, et je vous garantis qu’à Alep, à Alep avec le niveau de vie qu’il y avait, les gens, ils n’enviaient pas les démocraties, ou pseudo-démocraties occidentales.

D’ailleurs c’est plutôt les chrétiens, bien qu’ils soient une minorité, ils avaient une certaine liberté religieuse, y compris pour se manifester, y compris pour être influents dans le gouvernement, pour avoir des postes dans le gouvernement Et comme ils l’ont dit (car ils me l’ont dit, ils sont réfugiés maintenant en Europe ; j’ai rencontré des personnes qui me l’ont dit tel quel) la liberté qu’ils ont ici en pleine démocratie, les chrétiens, ils ne l’ont pas en Europe

Alors ça aussi il faut du discernement, quand on écoute les nouvelles, et ne pas être si simpliste, dire que la démocratie vient du ciel et la dictature vient de l’enfer et qu’il n’y a pas de nuances. Et ces gens qui ont une autre mentalité, une autre culture, ils ont toujours vécu comme ça. Et ça a bien fonctionné pour eux. Quel droit avons-nous de fouler aux pieds leur souveraineté ?

de d.d.

SOURCES :
https://deutsch.rt.com/kurzclips/44785-christliche-nonne-nach-aleppo-westmedien-luege/
www.youtube.com/watch?v=j-odogWwdAQ

via: https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr


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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mar 14 Fév - 1:20

La bataille de l’info: contrôler le récit sur la Syrie



Depuis 2011 se déverse un torrent continu d’informations inexactes, incorrectes et malhonnêtes à propos de ce qui se passe en Syrie. J’ai déjà écrit sur le danger des informations simplistes qui tentent d’expliquer le conflit, un discours qui prévaut depuis ces cinq dernières années et qui soulève un problème bien plus fondamental.

Le discours dominant au sujet de la Syrie est devenu si agressif, déconnecté du terrain et sans nuances, que tout qui ose mettre en question les idées reçues sur la révolution en cours ou contester les arguments de ceux qui défendent l’idée d’une zone d’exclusion de l’espace aérien pour les Occidentaux peut s’attendre à une vive réaction. De tels désaccords sont immédiatement pointés et leurs auteurs accusés d’être « Assadistes » ou « pro-Assad » et coupables de cruelle indifférence aux souffrances du peuple syrien. Une des nombreuses vérités oubliées dans ce discours est que la création d’une zone d’exclusion aérienne, de l’aveu même d’un haut responsable militaire U.S, signifie l’entrée en guerre des Etats-Unis « contre la Syrie et la Russie ». Je veux préciser d’emblée que j’écris cela après avoir vécu en Syrie et gardé de cette époque d'excellents souvenirs. Je reste en contact avec de nombreux amis syriens dont la plupart ont aujourd’hui dû quitter leur pays. Il m’est dès lors particulièrement difficile d’encaisser les accusations de malveillance à l’égard des revendications des Syriens et de leur patrie.

Dans le contexte actuel, exprimer un avis à peine contraire, pointer des faits basiques mais mal perçus tels que l’existence d’un soutien populaire pour le gouvernement syrien, relever la violence des groupes rebelles… Tout cela suffit à attirer sur soi les persiflages et l’hostilité des médias sociaux. Ces attaques sont rarement des confrontations d’opinions, elles se réduisent le plus souvent à des attaques personnelles, hystériques, au vitriol ou pire. Une poignée d’arguments sont à chaque fois soulevés pour s’en prendre à ceux qui contestent l’opinion imposée : ce serait de l’islamophobie que de critiquer l’action des groupes rebelles ou de les qualifier d’extrémistes; et ce serait de l’orientalisme négateur de la personnalité syrienne que de mettre en évidence le rôle central de l’impérialisme U.S. Même les critiques les plus légitimes se trouvent qualifiées de « fascistes », « stalinistes », poutinistes » ou les trois à la fois. Une telle stigmatisation des opinions contradictoires a pour but de faire taire toute opposition, de laisser le champ libre à la version imposée du récit et de justifier l’éventuel soutien de l’opinion en faveur d’une possible intervention en Syrie.

C’est évidemment une stratégie qui a connu un fameux précédent avec le traitement accordé aux nombreux opposants à l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011 et à l’intervention de l’alliance US/UK en Irak en 2003. Cela reste malheureusement un moyen efficace de faire taire les dissensions et d’imposer les paramètres souhaités au débat. Ces épisodes passés font que les opinions en faveur d’un plus fort engagement des Occidentaux en Syrie ont monopolisé le débat médiatique et ont contrôlé le récit. Plusieurs de mes interlocuteurs admettent se sentir mal à l’aise pour écrire ou parler honnêtement de ce qui se passe en Syrie, de sorte qu’ils se censurent ou évitent d’aborder le sujet. Beaucoup aussi reconnaissent la profonde différence des propos partagés avec leurs amis et connaissances qui travaillent à un titre ou l’autre sur la Syrie et leurs déclarations publiques.

Je ne me suis jamais tu sur le sujet dans le débat public, mais je reconnais m’être parfois trouvé dans des situations inconfortables. Je n’ai sans doute pas écrit autant sur le sujet que j’aurais dû. Il est dès lors fort probable à la suite de cet article que certaines personnes dont je parle m’attaqueront en public comme une sorte de crypto-fasciste Assadiste , de comparse du couple Poutine/Iran ou d’imposteur anti-impérialiste blanc égaré ; beaucoup se tairont mais n’en penseront pas moins. Néanmoins, en dépit de l’incertitude à court terme sur les orientations de la politique étrangère U.S suite à l’élection de Donald Trump, une intervention militaire U.S en Syrie avec pour objectif un changement du régime ou une partition du pays n’est pas à exclure. Je ressens dès lors comme une obligation pour moi et pour les autres de s’exprimer clairement afin de mettre un terme aux discussions oiseuses et jamais contredites qui ont cours depuis trop longtemps. Bassam Habbad a fait observer récemment que les discussions sur la Syrie étaient au point morta ; au Royaume Uni, comme souvent dans ce genre de situation, elles se poursuivent encore mais elles sont dominées par un petit groupe d’activistes qui savent se faire entendre. Ceux dont je parle – la majorité d’entre eux ne sont pas Syriens – ne forment pas un groupe monolithique. Mais ce qui les unit est leur soutien inconditionnel à la création d’une zone d’exclusion aérienne (ce qui s’avère être clairement une prise de position en faveur de la guerre), un soutien aux casques blancs et un profond mépris pour toute prise de position anti-impérialiste concernant une éventuelle intervention en Syrie. Nombre d’entre eux partagent aussi une analyse incorrecte et pour tout dire malhonnête de l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011 qui est fréquemment évoquée pour justifier leur prise de position sur la Syrie.

Dans ce cadre, je veux préciser que je ne suis pas opposé à toute intervention occidentale simplement parce que cela ne servirait à rien comme certains le disent ; je le dis car je ne crois pas que ce type d’intervention aurait un objectif purement humanitaire. Ce point est crucial parce que, admettre la prémisse humanitaire avant d’entamer le moindre débat serait déjà se déforcer dans la discussion. Soutenir l’idée que les Etas-Unis ou le Royaume Uni seraient encouragés à intervenir en Syrie ou n’importe où ailleurs par un désir sincère de mettre un terme à une effusion de sang serait foncièrement malhonnête et non historique. Au contraire, une intervention de ce type, en tuant plus de civils encore, constituerait une escalade majeure et intéressée de l’Occident dans sa campagne d’agression contre l’état Syrien. Une telle escalade accroîtrait non seulement les risques de démembrement permanent de la Syrie souhaité fermement et depuis longtemps par certaines parties, mais elle serait aussi l’amorce d’un conflit avec la Russie dont les conséquences pourraient être catastrophiques.

Aucune guerre n’a été à ce point médiatisée avec mauvaise foi que l’actuel conflit syrien. Cet article tente de corriger quelques énormes mensonges qui circulent, de montrer à quel point certaines voix dissonantes sont exclues du débat par l’intimidation et les calomnies, et de démasquer aussi les propos prétendument neutres de certaines voix au sujet du conflit.

- See more at: http://www.investigaction.net/la-bataille-de-linfo-controler-le-recit-sur-la-syrie/#sthash.W1xfBOJG.dpuf

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mar 14 Mar - 0:14

Alep. Pierre Le Corf visite le QG des Casques blancs



Par Pierre Le Corf
Mondialisation.ca, 13 mars 2017
Gaidecin.blogspot.com 11 mars 2017


Quelques images que j’ai prises hier [10/03/2017] qui vous donneront une autre perspective sur les casques blancs et différents mensonges des médias et gouvernements. Des vérités sur la guerre en Syrie, à Alep. Hôpitaux totalement détruits et Casques Blancs neutres, héros à Alep? Un oscar? Une nomination au prix Nobel de la paix? A quel prix allons nous continuer à MENTIR et à tuer, à justifier cette guerre, à soutenir des groupes terroristes, à maintenir un pays au bord de l’étouffement comme les autres avant? Je compile rapidement quelques images que j’ai prises hier qui vous donneront une autre perspective.


Je refuse, en tant que citoyen Français de soutenir une politique criminelle. Histoire d’illustrer un peux mieux de quoi je parle dans ma lettre au Président de la République https://m.facebook.com/notes/pierre-l… alors que des nuages de poussière de guerre arrivant d’Irak rendent l’air presque irrespirable, en moins de 2 heures je repasse en image par deux hôpitaux en état correct, je dois avancer sur des tonnes de médicaments réservés aux groupes terroristes et interdits aux civils, je traverse les restes des bâtiments asservis par Al-jaïch al-hour (Free Syrian Army), Jabhat al-Nosra (or Fatah al-Cham, Al-Qaïda) … bâtiments des White Helmets (casques blancs) qui comme les habitants le rappellent, aidaient principalement les terroristes, les civils … quand la caméra tournait et parfois uniquement, portaient parfois des armes, ont exécuté des soldats Syriens, participé à des exécutions des tribunaux Islamiques (lien), volaient les victimes, etc mais un point crucial: la quasi-totalité des membres étaient affiliés à des groupes terroristes cités plus haut. Regardez la vidéo sur les casques blancs de mon amie Vanessa Beeley témoignages goo.gl/3HvYxm – nous étions ensemble pendant certains de ces témoignages quand elle m’a accompagné pour distribuer les jouets à la libération goo.gl/P0N1Bu Une autre vidéo intéressante goo.gl/10swue compilant de nombreuses images que l’on ne vous a jamais montrées. Je mets un bémol dans mon témoignage, il y a probablement eu des exceptions, probablement que certains des Casques Blancs étaient des civils pourvus de bonnes intentions, qui étaient sous les bombes des avions (non pas gratuites, c’est une guerre, mais en réponse aux tirs de djihadistes depuis des zones civils tirant sur les zones uniquement civiles de l’Ouest et massacrant une population qui représentait 90% d’Alep dans le silence des médias) aidaient de vrais gens qui mouraient de par leur proximité des groupes armés, qui s’en servaient comme boucliers humains (tirant même depuis les hôpitaux …) c’est une réalité, mais la réelle majorité étaient des djihadistes (prouvé par les documents retrouvés sur place) ils étaient ceux qui apportaient la mort au dessus de la tête de ceux qui finissaient sous les décombres, et finalement dans leurs camions, et dans leurs vidéos, il ne faut pas oublier les situations de causes à effet, c’est quand même ironique et assez vicieux.

La réalité dépasse la fiction ici, dans ce quartier, se touchent (tous dans des écoles qu’ils ont transformées comme vous pouvez le voir dès le début) le siège de Al Nora, le Croissant Rouge du Qatar, l’hôpital M10 et surtout le quartier général des casques blancs, la video n’est pas bien montée etc mais une image vaut mille mots et c’est essentiel pour que vous compreniez à quel point le mensonge est gros … à quel point il faut que nous demandions à cesser de soutenir cette guerre ainsi que les sanctions contre le peuple Syrien, en tant que partie prenante du terrorisme. Encore une fois, bien que je vous partage ce que l’on peut appeler des preuves, je n’ai toujours pas la prétention de vous dire quoi penser, faites vous votre propre opinion We are superheroes.

SOUTIEN/SUPPORT PIERRE LE CORF HERE : https://www.facebook.com/heroesworldt…

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Ven 25 Aoû - 19:43

Wikileaks révèle comment les USA ont agressivement appuyé un Regime change en Syrie depuis 15 ans


Citation :
Passionnant câble de la Diplomatie américaine de 2006 sur ses actions visant à appuyer un régime change en Syrie… (Câble révélé par Wikileaks en 2015)





Source : Wikileaks, cable du 13/12/2006 (SARG = Syrian Government)

Influence sur le Gouvernement syrien en 2006

1. (S) Résumé. Par rapport à 2005, le gouvernement syrien termine l’année 2006 renforcé, tant en interne qu’à l’international. Des pressions supplémentaires et plurilatérales pourraient avoir un impact sur la Syrie, mais le régime s’appuie sur une petite clique qui est immunisée contre ces pressions. Néanmoins, l’assurance croissante de Bachar el-Assad – et sa dépendance vis à vis de cette petite clique – pourrait lui faire commettre des erreurs et faire des choix politiques irraisonnés en répondant aux défis sous l’emprise de l’émotion. Cela pourrait nous fournir de nouvelles occasions. Voire ses réactions à la limite de la déraison face à la perspective d’un procès Hariri ou face à la publicité faite à Khaddam et au Front de Salut National. De plus, on connait l’intérêt que Bachar porte à son image et à sa réception dans le monde. Cela pourrait altérer ses décisions. Nous pensons que le point faible de Bachar est sa façon de réagir aux problèmes qui surgissent, fussent-ils supposés ou réels. Par exemple, le conflit entre les avancées (modestes) des réformes économiques et la corruption endémique, la question kurde et la menace que représente pour le régime la présence croissante d’extrémistes islamistes en transit. Ce câble résume notre évaluation de ces points faibles et propose des mesures de type actions, déclarations ou signaux que pourraient prendre le gouvernement américain afin de favoriser l’émergence de telles occasions. Ces propositions devront être concrétisées et transformées en actes. Nous devons être prêts à agir rapidement afin de saisir de telles occasions. Beaucoup de nos suggestions mettent en avant l’usage de la diplomatie publique et de moyens indirects pour envoyer des messages qui influencent le premier cercle. Fin du résumé.


2. (S) Alors que l’année 2006 se termine, Bachar semble plus fort qu’il ne l’était il y a deux ans.
L’économie du pays est stable (au moins sur le court terme), l’opposition intérieure au régime est faible, intimidée même et, du point de vue de Damas, les problèmes dans la région semblent aller dans une direction favorable à la Syrie. Néanmoins, quelques points faibles anciens et quelques problèmes émergents peuvent fournir l’occasion d’augmenter la pression sur Bachar et son premier cercle. La prise de décision dans ce régime se limite à Bachar et à son premier cercle dont les choix tactiques sont souvent mal pensés et parfois guidés par l’émotion à l’instar du discours de Bachar, le 15 août, qui fut la risée du monde entier. Certaines de ces faiblesses, comme les vues quasi délirantes de ce régime concernant le Liban, peuvent être exploitées pour faire pression sur le régime. Les actions qui déséquilibrent Bachar et qui accroissent son insécurité sont dans notre intérêt parce que son inexpérience et la très petite dimension de son cercle de décideurs le rendent susceptible de maladresses diplomatiques qui peuvent l’affaiblir dans son pays et dans la région. Bien qu’il soit difficile d’estimer les conséquences de ses erreurs et que les bénéfices puissent en être variables, si nous sommes prêts à profiter rapidement des situations qui peuvent se présenter, nous pourrions influencer le point névralgique du régime : Bachar et son premier cercle.

3. (S) Nous résumons ci-après les faiblesses potentielles et les moyens possibles de les exploiter :

– Faiblesse :


– L’ENQUÊTE HARIRI ET LA COUR DE JUSTICE : l’enquête Hariri – et la perspective d’une cour de justice libanaise – a entrainé une réaction violente du gouvernement syrien, principalement à cause de l’embarras causé par l’enquête. Rationnellement, le régime devrait penser qu’il peut traiter n’importe quelle demande de comparution d’officiels syriens en refusant de livrer quelque suspect que ce soit, ou, dans des cas extrêmes, en provoquant des “suicides “. Mais il semble que la mise en cause de la dignité et de la réputation internationale de la Syrie est pour Bachar le vrai problème. Le sentiment farouchement entretenu que la Syrie devrait continuer à exercer un rôle dominant au Liban intervient dans cette susceptibilité. Nous devrions essayer d’exploiter cette extrême sensibilité, sans attendre la formation de la cour de justice.

– Action possible :

– PUBLICITÉ : mettre publiquement en évidence les conséquences de l’enquête en cours à la manière de Mehlis angoisse personnellement Bachar et peut le pousser à des actes irrationnels. Le régime redoute profondément la surveillance internationale qu’une cour de justice – ou des accusations de Brammertz même contre des personnalités de second plan – déclencherait. Les accusations de Mehlis en octobre 2005 ont causé des tensions extrêmes au sein du premier cercle qui entoure Bachar. Bien que la famille se soit ressoudée, ces cassures pourraient bien se trouver juste au-dessous de la surface.

– Faiblesse :

– L’ALLIANCE AVEC TÉHÉRAN : Bachar avance prudemment dans ses relations grandissantes avec l’Iran. Il recherche une assistance nécessaire sans s’aliéner totalement les voisins arabes sunnites modérés de la Syrie en passant pour un soutien des Perses et des fondamentalistes chiites. On peut voir la décision de Bachar de ne pas assister au sommet Talabani/Ahmadinejad à Téhéran, après le voyage du ministre des Affaires étrangères Moallem en Irak, comme une manifestation de la sensibilité de Bachar à la vision arabe sur son alliance avec l’Iran.

– Action possible :

– JOUER SUR LES CRAINTES SUNNITES DE L’INFLUENCE IRANIENNE : En Syrie, on redoute l’activisme iranien tant au niveau du prosélytisme chiite qu’au niveau de la conversion des sunnites, surtout des pauvres. Quoique souvent exagérées, ces craintes reflètent l’agacement et l’attention accrues d’une partie de la communauté sunnite en Syrie face à l’expansion de l’influence iranienne dans leur pays à travers des activités qui vont de la construction de mosquées aux affaires. Les missions locales égyptienne et saoudienne ici (tout comme les chefs religieux sunnites syriens en vue), prêtent une attention croissante à cette question et nous devrions coordonner plus étroitement avec leurs gouvernements les moyens de mieux rendre public ce problème et de concentrer l’attention régionale sur lui.

– Faiblesse :

– LE PREMIER CERCLE : En définitive, le régime est dominé par la famille Assad et, à un degré moindre, par la belle-famille de Bachar el-Assad, les Makhloufs. Beaucoup de membres de la famille les trouvent de plus en plus corrompus. La famille et les parasites autour, aussi bien que la secte Alaouite plus généralement, ne sont pas protégés contre les querelles et les conspirations anti-régime. Ce fut évident l’année dernière quand des proches de certains piliers du régime (incluant les Makhloufs) nous ont approchés pour évoquer les options de l’après-Bachar. La corruption est un grand diviseur et le premier cercle de Bachar est soumis aux querelles et aux disputes habituelles liées aux trafics et à la corruption. Par exemple, Maher Assad est connu pour être particulièrement corrompu et incorrigible. Il n’affiche aucun scrupule dans ses querelles avec des membres de la famille ou avec d’autres. La communauté alaouite redoute aussi terriblement de possibles représailles si un jour la majorité sunnite reprend le pouvoir.

– Action possible :

– NOUVELLES DENONCIATIONS : Les sanctions ciblées contre des membres du gouvernement et leurs proches sont généralement bien accueillies par la majorité des composantes de la société syrienne. Mais la procédure de ces dénonciations doit exploiter les déchirures et affaiblir le premier cercle plutôt que de rapprocher ses membres. La dénonciation de Chaoukat l’a personnellement très irrité et a suscité un très vif débat ici dans le monde des affaires. Alors que les réactions publiques à la corruption ont tendance à être étouffées, les rappels continus de la corruption au sein du premier cercle ont une certaine résonance. Nous devrions chercher des moyens de rappeler au public nos précédentes dénonciations.

– Faiblesse :

– LE FACTEUR KHADDAM : Khaddam sait où le régime cache ses squelettes, ce qui provoque une énorme irritation chez Bachar, largement disproportionnée par rapport au soutien dont bénéficie Khaddam en Syrie. Bachar el-Assad, et son régime en général, suivent chaque information impliquant Khaddam avec un intérêt émotionnel énorme. Le régime réagit avec une colère funeste quand d’autres pays arabes accueillent Khaddam ou lui permettent de faire une déclaration publique dans leurs médias.

– Action possible :

– Nous devrions continuer à encourager les Saoudiens et d’autres de permettre à Khaddam d’avoir accès à leurs médias, en lui fournissant un moyen de révéler les turpitudes du gouvernement syrien. Nous devrions prévoir une réaction exagérée du régime qui renforcera son isolement et lui aliénera ses voisins arabes.

– Faiblesse :

– LES DIVISIONS AU SEIN DES SERVICES DE SÉCURITÉ ET MILITAIRES : Bachar se protège constamment des actions de ceux qui ont des relations au sein de l’armée et des services de sécurité. Il est aussi inquiet de la loyauté que des officiers supérieurs (ou d’anciens officiers supérieurs) ressentent envers d’anciens éléments du régime mécontents comme Rifaat Assad et Khaddam. Le premier cercle se préoccupe continuellement de savoir qui obtient quelle part de la corruption. Les gestes de Bachar pour réduire le cercle de ceux qui touchent les plus grosses part de butin ont donné plus de place aux bénéficiaires qui ont des liens avec les services de sécurité.

– Action possible :

– ENCOURAGER LES RUMEURS ET LES SIGNES DE COMPLOT EXTERNE : Le régime est extrêmement sensible aux rumeurs de complot et à l’agitation dans les services de sécurité et dans l’armée. Des alliés régionaux comme l’Égypte et l’Arabie Saoudite devraient être encouragés à rencontrer des personnalités comme Khaddam et Rifaat Assad comme un moyen d’envoyer de tels signaux, avec, par la suite, des fuites orchestrées émanant de ces réunions. Ceci touche de nouveau à la paranoïa interne de ce régime et augmente la possibilité d’une réaction exagérée funeste.

– Faiblesse :

– RECRÉER DES FORCES OPPOSÉES AUX ÉLITES BAASSISTES ET AUTRES ÉLITES CORROMPUES : Bashar continue à mettre en œuvre un courant stable d’initiatives en matière de réformes économiques et il est tout a fait possible qu’il croie que cette question est de son devoir pour la Syrie. Bien que limités et inefficaces, ces étapes ont incité en retour des expatriés syriens a investir et a créé au moins l’illusion d’une ouverture croissante. En trouvant des façons de mettre en question publiquement les efforts en matière de réformes de Bashar, – en indiquant, par exemple, l’utilisation de réformes pour déguiser le copinage – il est possible d’embarrasser Bachar et de réduire ses efforts pour étayer sa légitimité. Révéler la corruption de la famille d’Assad ou de son cercle de proches aurait un effet semblable.

– Action possible :

– METTRE L’ACCENT SUR L ‘INCAPACITÉ A RÉFORMER : l’Accentuation des échecs de réforme, particulièrement dans la période préparatoire aux élections présidentielles 2007, est un mouvement que Bashar trouverait fortement embarrassant et de délégitimisation. Comparer les efforts de réforme syriens limités avec ceux du reste du Moyen-Orient embarrasserait et irriterait Bashar.

– Faiblesse :

– L’ÉCONOMIE : Perpétuellement sous-performante, l’économie syrienne crée des emplois pour moins de 50% des diplômés de l’université du pays. Le pétrole représente 70% des d’exportations et 30% des revenus gouvernementaux, mais la production est dans une phase de baisse régulière. La Syrie sera probablement un importateur net de pétrole d’ici 2010. Peu d’experts croient que le SARG soit capable de gérer avec succès les problèmes économiques à venir.

– DÉCOURAGER LES FDI, PARTICULIÈREMENT DES ETATS DU GOLFE : La Syrie a profité d’une hausse considérable de l’investissement direct étranger (FDI) durant les deux dernières années, qui semble s’accélérer. Les plus importants de ces nouveaux investissements sont dans aucun doute faits par les États du Golfe.

– Faiblesse :

– LES KURDES : Les groupes de la société civile et l’opposition politique les plus organisés et les plus audacieux sont parmi la minorité ethnique kurde, concentrée dans le nord-est de la Syrie, et aussi en communautés à Damas et Alep. Ce groupe a été enclin à protester violemment dans sa zone ethnique quand d’autres n’oseraient pas. Il y a peu de menaces qui préoccupent autant Bachar que l’agitation des Kurdes. En une rare occasion, les services secrets militaires syriens ont convoqué notre Attaché Militaire d’Ambassade en mai 2006 pour protester contre ce que les Syriens ont pensé être des efforts américains pour fournir une formation militaire et de l’équipement aux Kurdes en Syrie.

– Action possible :

– METTRE EN ÉVIDENCE LES PLAINTES KURDES : l’Accentuation des plaintes kurdes dans des déclarations publiques, y compris la divulgation de violations des droits de l’homme, renforcera les préoccupations du régime vis à vis de la population kurde. Concentrez-vous sur les conditions économiques difficiles dans des zones kurdes et le refus du SARG de longue date d’offrir la citoyenneté à environ 200 000 Kurdes apatrides. Cette question devrait être traitée avec précaution parce que donner trop d’importance au problème kurde en Syrie pourrait porter atteinte à nos efforts d’unir les forces de l’opposition, étant donné que la société syrienne (majoritairement arabe) est très opposée aux objectifs des Kurdes.

– Faiblesse :

Des éléments extrémistes utilisent de plus en plus la Syrie comme une base, tandis que le SARG a fait quelques actions contre des groupes affichant des liens avec Al-Qaïda. Avec le meurtre du leader d’Al-Qaïda à la frontière avec le Liban début décembre et les attaques terroristes en augmentation à l’intérieur de la Syrie, culminant le 12 septembre par l’attaque contre l’ambassade des EU, la politique du SARG de soutien des terroristes en Irak et ailleurs peut être vue comme un retour de boomerang.

– Actions possibles :

Rendre publique la présence de transit (ou lié à l’étranger) de groupes extrémistes en Syrie, non limité à la mention du Hamas et du PIJ [Mouvement du Jihad en Palestine, NdT]. Rendre publics les efforts syriens contre des groupes extrémistes d’une manière qui suggère sa faiblesse, des signes d’instabilité et des retours de flammes non contrôlés. L’argument du SARG (d’habitude utilisé après des attaques terroristes en Syrie) qu’il est aussi une victime du terrorisme devrait être utilisé contre lui pour donner une plus grande importance à l’augmentation des signes d’instabilité en Syrie.

4. (S) CONCLUSION : Cette analyse ne prend pas en compte les Islamistes syriens anti-régime parce qu’il est difficile d’obtenir une image précise de la menace que de tels groupes posent en Syrie. Ils sont certainement une menace à long terme. Tandis qu’il expose les fragilités auxquelles la Syrie fait face à cause de son alliance avec l’Iran, il ne détaille pas entièrement ce sujet. Le résultat final est que Bachar entre dans la nouvelle année dans une position plus forte qu’il n’a eue depuis plusieurs années, mais ces forces portent aussi en elles – ou masquent parfois – des fragilités. Si nous sommes prêts à les aider, elles nous offriront des occasions de perturber sa prise de décision, le garderont dans une situation instable et lui feront payer cher ses erreurs.

ROEBUCK

Source : Wikileaks, cable du 13/12/2006

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.



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akasha
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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mar 29 Aoû - 1:57

Bonsoir mes frères & sœurs Very Happy
Depuis que je m'intéresse à la géopolitique et au cas du conflit syrien, de par mes recherches il en est très vite sortit que les américains cherchaient de renverser le régime de assad et de morceler la Syrie pour l’affaiblir et profiter de ses nombreuses ressources fossiles, dont le fameux plan gazier et son oléoduc. Même la Russie est entrée dans le conflit pour les mêmes raisons derrière cette guerre on retrouve des intérêts financiers incommensurable défendue par des sociétés privées. Une guerre sans merci financée et instrumentalisée par les géants du gaz (Gazprom, Exxon, Chevron, et etc..) et l'ONU et l'OTAN suivent pour faire envahir la Syrie et fomenter contre le régime Assad quitte à une fois de plus placer des islamistes à la tête de provinces offertes en "cadeaux". Comme ce fut le cas en Irak ou en Libye, détruire tout un pays et affamer et opprimer tout un peuple. Mais cette fois-ci cela semble ne plus marcher, l'armée syrienne appuyée par son puissant allié la Russie sont en passe de libérer la Syrie du joug des islamistes incarné bien sûr par Daech, mais aussi de ses fameux groupes rebelles pourtant auparavant reconnu comme terroriste et soudainement et comme par magie, devenu de gentils rebelles combattant le méchant Assad... C'est groupes et le soulèvement de 2001 a été fomenter de longue date, depuis au moins 2006 comme on a pu le lire sur les canaux de Assange. Mais le dernier bastion de Daech, Deir ez-Zor est en passe d'être reprit et de signer la fin de Daech en Syrie. Tout comme les frontières syro-libanaise ont été entièrement débarrassée des derniers membres de Daech, grâce aux effort conjugué de l'armée syrienne et du Hezbolah !
L'avenir de la Syrie post Daech semble se rpofiler avec Assad, malgré le nombre de fois que nos ministres ont souhaité et même annoncé sa perte. Comme Hollande ou l'horrible Fabius et sa célèbre citation : El Nosra fait du bon travail , bien réelle malgré les tentatives de réhabilitation des médias complices.. Et si Assad est resté c'est parce qu'il a pu anticiper, car si dès 2006, les américains prévoyaient de faire tomber le régime, Assad lui voyait venir déjà en 2003. Grâce à ses nombreuses victoires Assad a su retrouver la confiance de son peuple. Votez son discourt du 17 août devant le corps diplomatique syrien.
Akasha.


Août 2017 : Discours du Président Al-Assad devant le corps diplomatique syrien



Mesdames et Messieurs les diplomates et administrateurs du ministère des Affaires étrangères,

Je suis heureux de vous rencontrer en ce jour de l’inauguration de votre congrès, lequel offre une importante occasion de partager les points de vue et expériences, de discuter des politiques futures de l’État et de lui proposer des idées novatrices qui pousseraient ce ministère à remplir ses missions avec encore plus d’efficacité.

Cette rencontre tire son importance du fait de l’accélération de la dynamique des événements dans le monde et dans la région, particulièrement en Syrie, d’autant plus que les moyens traditionnels ou modernes de communication ne peuvent pas remplacer ces réunions directes destinées à la configuration de visions unifiées et à la formulation des positions adoptées. C’est aussi une rencontre particulièrement importante vu la complexité de la situation actuelle en Syrie.



[color=#ffffff]Plusieurs guerres parallèles se déroulent sur le sol syrien


En effet, cette guerre que nous vivons depuis des années a prouvé que plusieurs guerres parallèles se déroulent sur le sol syrien. Des guerres mondiales et régionales menées par des mains syriennes, arabes et étrangères ; ce qui ne signifie absolument pas que c’est par hasard que les belligérants sont venus s’affronter sur cette terre. Tout au long de son histoire, la Syrie fut une cible, celui qui la maîtrise gagnant une importante influence sur la scène mondiale ou l’équilibre international.

Pour ne pas donner dans la vantardise comme certains pourraient le croire, rappelons encore une fois la Bataille de Qadesh vers l’an 1274 av. J.-C. Elle a abouti au premier traité de paix rédigé entre les Pharaons et les Hittites qui se sont rencontrés au sud-ouest de Homs. Dès cette époque, les Pharaons pensaient que la sécurité de leur royaume passait par la domination de cette région. De nombreux autres exemples de cette lutte pour le contrôle de la Syrie s’étendent sur toute la période de l’occupation ottomane et celle qui a suivi le départ de l’occupant français. Et, aujourd’hui, nous sommes partie prenante dans cette lutte.

C’est pourquoi il est très superficiel de dire que cette guerre est la conséquence des positions adoptées par la Syrie, l’Occident ayant décidé de corriger l’État syrien. Bien que ce soit absolument vrai, ce n’est qu’une partie d’une réalité plus large liée au conflit international et aux tentatives de changement, ou de stabilisation, des équilibres internationaux, par le biais du militaire ou du politique et en fonction de leurs conséquences économiques ou géographiques ; autrement dit, par la création de nouveaux États, la disparition d’autres États ou la modification de leurs frontières.

Pour l’Occident, ce conflit est une occasion précieuse de régler ses comptes et de soumettre nombre de pays qui se sont rebellés contre son hégémonie ces dernières décennies. Parmi ces pays : la Syrie, l’Iran, la République populaire démocratique de Corée, la Biélorussie etc. Même la Russie, une superpuissance et non un pays émergent, n’est pas autorisée à se révolter contre l’hégémonie occidentale.

L’Occident politique et le conflit mondial entre deux forces

Quand je parle d’« Occident » c’est dans le sens politique du terme. Je ne nommerai pas les États qui le constituent, nous savons tous qui le dirige, comme nous savons qu’une grande partie de cet « Occident politique » -dont probablement des États situés en extrême Asie- n’a rien à voir avec la politique, mais marche avec lui. C’est donc de cet Occident que je parlerai dans mon discours d’aujourd’hui.

Cet Occident vit aujourd’hui une lutte existentielle, non pas parce qu’un ennemi chercherait à le démolir -un tel ennemi n’existe absolument pas- mais parce qu’il pense que la période jouissive de son hégémonie depuis le démantèlement de l’Union soviétique est sur le déclin ; un déclin qui s’accélère à chaque fois que des États se rebellent contre son hégémonie ; une hégémonie qu’il pense pouvoir prolonger indéfiniment par la répression des États rebelles.

Et, aujourd’hui, l’Occident vit un état d’hystérie à chaque fois qu’il sent qu’un État se veut partenaire dans la prise d’une décision internationale, dans n’importe quel domaine et n’importe où dans le monde ; ce qui témoigne de son manque de confiance. Mais un manque de confiance qui se traduit par encore plus de recours à la force et, par conséquent, par moins de politique, moins de raison ou pas de raison du tout.

Car pour l’Occident, le partenariat est refusé d’où qu’il vienne. La dépendance est la seule option possible. Dans ce cas, les États-Unis ne sont même pas les partenaires de leurs alliés occidentaux. Ils leur désignent des rôles, précisent les orientations, chacun de leurs pas étant strictement posé dans le sillage de la ligne américaine. Et, en récompense, les États-Unis leur jettent des miettes économiques.

Ajoutez à la scène qu’aux États-Unis, le président n’est pas le faiseur des politiques, mais l’exécuteur ; ce qui paraît encore plus évident aujourd’hui. Les véritables faiseurs des politiques sont les lobbies, les banques, les grandes entreprises de l’armement, du pétrole, du gaz, de la technologie, et d’autres lobbies, lesquels dirigent l’État via des agents élus démocratiquement mais qui gouvernent dans l’intérêt de l’élite dirigeante. Donc, les lobbies, l’État ou le régime, et ici, je parlerai plutôt « du régime des États-Unis » et non d’État -ce dont on nous accuse-, car l’État respecte les valeurs de son peuple, respecte ses obligations, respecte les lois internationales, respecte la souveraineté des nations, respecte les principes de l’humanité, et finalement se respecte ; tandis que le « régime » ne respecte rien de tout cela, mais travaille uniquement pour l’élite dirigeante, qu’elle soit une élite financière ou autre chose.

Par conséquent, « le régime profond » aux États-Unis ne gouverne pas en partenariat avec le président, mais lui laisse une marge ; le président et son administration ne travaillent pas en partenariat avec les Européens, mais leur laissent une marge ; et les Européens réunis ne sont pas partenaires de leurs agents et clients dans notre région et dans le Monde, ils leur laissent juste une marge, tout en n’étant pas eux-mêmes des partenaires pour le reste du Monde.

D’où, actuellement, un conflit entre deux forces. La première travaille pour les intérêts des élites dirigeantes, même si cela l’amène à violer toutes les lois et les normes internationales ainsi que la Charte des Nations Unies, même si cela l’amène à assassiner des millions de personnes n’importe où en ce Monde. La deuxième force lui fait face et travaille à préserver la souveraineté des États, le droit international et la Charte des Nations Unies, voyant en cela son propre intérêt et la stabilité pour le Monde.

Telle est donc la résultante des forces actuelles. Et si nous devions parler de la situation arabe au sein de cette résultante, nous dirions que son poids est nul et qu’elle est inexistante sur la scène politique internationale. C’est pourquoi, je ne vois absolument pas la nécessité d’en parler.

Le projet occidental a échoué, mais la guerre continue

Abstraction faite des forces et des équilibres du moment, et abstraction faite du gagnant et du perdant, ce sont toujours les plus petits pays qui paient le prix dans ce type de conflit. En Syrie, nous avons payé très cher cette guerre, mais la contrepartie est l’échec du projet occidental en Syrie et dans le monde.

En ce qui nous concerne, ce « projet occidental » revêt évidemment plusieurs aspects, mais son essence consistait à ce que les Frères Musulmans gouvernent notre région arabe et le Moyen-Orient. Du fait qu’ils sont des représentants de la religion, ils étaient censés s’en servir comme couverture pour dominer une société et une rue croyantes et les mener dans le sens des intérêts occidentaux ; ce qui a toujours été le rôle de cette confrérie.

Cependant, parler de l’échec du projet occidental ne veut pas dire que nous avons remporté la victoire. En réalité et sans exagération : ils ont échoué, mais la guerre continue. Où est-ce que cela nous mènera et quand est-ce que nous pourrons parler de victoire ? C’est un autre sujet. C’est pourquoi il nous faut rester précis : ils ont échoué jusqu’ici et nous n’avons toujours pas triomphé, les signes annonciateurs de la victoire étant une chose et la victoire autre chose.

D’aucuns diraient qu’ils ont quand même atteint leur objectif puisqu’ils ont détruit la Syrie. Je dis tout simplement que leur but n’était pas la destruction de la Syrie. Leur but était de la saisir intacte mais subordonnée et soumise, de telle sorte qu’elle était condamnée à se décomposer et à disparaître. Et c’est pourquoi, concernant les pertes et les profits, je répète ce que j’ai déjà dit en 2005 : le prix de la résistance est très inférieur à celui de la capitulation.

À l’époque, ils parlaient de l’arbre qui plie devant la tempête pour se redresser une fois qu’elle est passée. Je leur avais répondu que lorsqu’il s’agit, non d’une tempête, mais d’un bulldozer qui fonce dans la terre pour frapper les racines, plier est inutile. La seule solution est que les racines soient suffisamment solides pour briser le bulldozer.

À notre grand regret, douze années sont passées et certains utilisent toujours ce même langage sans avoir tiré les leçons, bien que la prétendue tempête ne se soit pas déchainée avec la guerre d’Irak, mais avec la guerre Iran-Irak en 1980, suivie de l’entrée au Koweït, puis de l’invasion de l’Irak en 2003, et souffle toujours sur notre région et en Syrie.

Par conséquent, il ne s’agit ni d’une tempête, ni d’un arbre, ni d’un bulldozer. En réalité, il s’agit d’une guillotine dressée au dessus de toutes les têtes en notre région, une guillotine qui a déjà fonctionné et récolté des millions d’âmes. Dans ce cas, plier est donc inutile. Il faut soit retirer les têtes d’en dessous la guillotine, soit la détruire. Il n’y a pas d’autre solution.

Un tel langage répété à la manière des perroquets n’a donc pas sa place ici. Les événements l’ont prouvé. Je donnerai un simple exemple : en 2002, lorsque nous avons pris position contre la guerre d’Irak, ce n’était pas uniquement une position de principe contre son invasion, mais contre ce qui se préparait d’encore plus dangereux du point de vue confessionnalisme et fédéralisme et que nous retrouvons aujourd’hui, en Syrie.

L’arme sectaire

Dès cette époque, nous avions vu que ce qui se passait en Irak n’était pas une simple invasion du pays ou une tempête passagère, mais un plan différent, lequel se poursuit depuis au moins trois décennies pour atteindre bientôt la quatrième. Face aux slogans sectaires et fédéralistes, nous avions compris que nous incliner par « pragmatisme politique » revenait à placer notre tête sous la guillotine. C’est pourquoi, nous nous sommes opposés à cette guerre.

Maintenant, si nous comparions les répercussions actuelles de la guerre d’Irak avec celles qui l’ont immédiatement suivie, nous constaterions qu’elles sont de loin plus dramatiques. Elles prennent de l’ampleur, non l’inverse, parce qu’il s’agit d’un plan. Quand nous comprendrons cette image, nous comprendrons que les tactiques et le pragmatisme superficiel, suggérés par certains, n’ont pas leur place dans notre réalité actuelle.

Je souhaiterais que nous comprenions que ce que nous vivons n’est pas une étape isolée, mais liée à celles qui l’ont précédée depuis plusieurs décennies. Nous avons perdu les meilleurs de nos jeunes et une infrastructure qui nous a coûté beaucoup d’argent et de sueur sur plusieurs générations. Mais en retour, nous avons gagné une société plus saine et plus harmonieuse. C’est la vérité, non de simples paroles dites pour plaire aux uns et aux autres. Cette harmonie est aux fondements de la cohésion nationale quelles que soient les croyances, les idées, les traditions, les coutumes, les conceptions et opinions. L’harmonie n’implique pas leur homogénéité, mais la complémentarité entre les unes et les autres. C’est cette complémentarité qui aboutit à une couleur nationale unique, laquelle fonde l’union nationale fédératrice de tous les enfants d’une même patrie.

Certains pourraient rétorquer : « De quelle union nationale parlons-nous alors que nous entendons toujours un discours sectaire ? ». Je le leur répondrais que c’est là un discours déjà entendu suite aux crimes des Frères Musulmans dans les années quatre-vingts et qu’il n’a pas duré. L’important n’est pas ce qui se dit mais ce qui réside dans l’âme. En effet, si cette « dimension séparatiste » d’un langage entendu dans différents milieux de notre société résidait dans les âmes, la Syrie serait tombée depuis longtemps et la prétendue guerre civile ressassée par les médias occidentaux serait un fait accompli.

C’est la première année de la guerre qui fut la plus dangereuse car une « dimension sectaire », bien que limitée, était quelque part présente dans les âmes comme le feu sous la cendre. Si elle avait pu se propager parmi les Syriens quelques années de plus après le déclenchement de cette guerre, nous aurions peut-être vécu une réalité encore plus dangereuse.

Par conséquent, la cohésion de la société telle que nous la voyons est notre réalité d’aujourd’hui. La société y tient le rôle essentiel, un rôle cumulé tout au long de l’Histoire. Quant aux vérités et à l’État, ils ont sans doute leur rôle à jouer en fonction des leçons que nous avons tirées de la guerre. Il n’empêche que si la société n’avait pas été anti-confessionnelle, par nature, la Syrie n’aurait pas résisté comme elle l’a fait.

Dans ce contexte, ce qui se passe correspond donc à une situation temporaire, et nous devons distinguer entre les réactions et les convictions. Il y a une réaction confessionnelle, c’est vrai, mais il n’y a pas de conviction en la matière et la différence est grande entre la première et la seconde.

Le meilleur exemple tiré de cette guerre est la réaction consécutive à un projet de Constitution parlant d’une République syrienne et non plus de la République « arabe » syrienne. Or, que de fois l’arabité n’a-t-elle été insultée au cours de cette guerre, parce que certains arabes, et même une grande partie des arabes, ont trahi, alors que d’autres n’ont pas été d’un grand secours. Il a suffi que les médias parlent de la suppression du mot « arabe » pour que ces mêmes arabes en fassent toute une histoire. Ce qui confirme que la plupart du temps nous avons affaire à des réactions et que vous devez, en tant que diplomates et administrateurs du ministère des Affaires étrangères, rester vigilants quant à la terminologie utilisée et ne pas vous laisser tromper par les apparences.

Les tactiques et revirements de l’Occident

Le résultat de cette résistance et du prix que nous avons payé fait que les revirements récents au niveau des déclarations occidentales ne sont pas dus au réveil soudain de leur conscience humaine face à une Syrie qui aurait été injustement maltraitée, ou une quelconque autre raison de ce genre. Ils ont changé leur discours à cause de la résistance de notre peuple, de la résistance de notre État, de la résistance de nos Forces armées, et évidemment à cause du soutien de nos amis. Ils ont changé, non pour des raisons morales que nous n’avons jamais eu à constater avant cette guerre, mais à cause des réalités sur le terrain syrien et dans leurs pays, sur leur propre terrain.

En effet, aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine ou un mois sans que survienne un événement résultant directement de leurs décisions stupides et de leur soutien au terrorisme dans cette région. Ce sont ces réalités qui les ont obligés à modifier leurs déclarations, même partiellement avec une certaine gêne et sans conviction. Des vérités qui se sont imposées d’elles-mêmes. Mais, ce changement de positionnement ne signifie pas changement des politiques car, tel le serpent, l’Occident change de peau en fonction de la situation.

Au début, ils disaient soutenir « le mouvement populaire » ; lequel, au mieux, ne comptait pas plus de 200 000 personnes dans un pays qui en compte 24 millions. Lorsque toutes leurs tentatives ont échoué, ils sont ouvertement passés au soutien des milices armées sous couverture du terme politique « opposition » et de l’adjectif « modérée », suggérant qu’ils sont une « opposition politique », ni des extrémistes, ni des terroristes. Cette deuxième tactique ayant échoué à son tour et leur comportement scandaleux découvert par l’opinion publique internationale et leur propre opinion publique, ils sont passés à la tactique de la raison humanitaire toujours en vigueur à ce stade de la guerre.

Le résultat de leur positionnement humanitaire est le silence total tant que les terroristes avancent dans n’importe quelle direction et massacrent des civils, mais dès que l’Armée prend le pas sur les terroristes fusent les cris, les suppliques et les lamentations réclamant une trêve pour prétendument arrêter l’effusion du sang, acheminer les aides humanitaires et d’autres raisons que nous, Syriens, connaissons bien ; le véritable objectif de toutes ces tactiques étant de permettre aux milices armées de se réorganiser et de se réarmer tout en leur envoyant encore plus de recrues, continuer à les soutenir et leur permettre de poursuivre leurs actions terroristes.

En vérité, toutes ces tactiques n’ont absolument pas réussi à nous berner. Dès le début et à chacune des trois étapes précitées, nous avons frappé le terrorisme et nous continuerons tant qu’il restera un seul terroriste en Syrie. Quant à la guerre médiatique et psychologique ininterrompue depuis des années, elle n’a jamais pu nous détourner de cet objectif de lutte contre le terrorisme, pas plus qu’elle n’a suscité notre peur ou nos doutes.

Les initiatives partant de mauvaises intentions et les traitres

Cet objectif de lutte contre le terrorisme n’a jamais été un obstacle à l’action politique. Toute action, toute initiative, toute proposition qui ne se fondrait pas sur cet objectif n’a aucune valeur. Par conséquent, la lutte contre le terrorisme est l’objectif et, en même temps, la base de chacune de nos actions. Et tant qu’il en sera ainsi, cette base sera la référence et la boussole qui nous guident. Ce qui signifie que toutes leurs manœuvres n’ont eu aucun effet.

C’est pourquoi, partant de cette base et de cette conviction, nous avons traité avec une grande souplesse les diverses initiatives proposées depuis le premier jour de la crise, bien que nous savions déjà que la plupart partaient de mauvaises intentions.

Le but de ces initiatives était de parvenir à des résultats précis qu’ils n’ont pas pu obtenir par le terrorisme. Et, comme chacun le sait, elles ont abouti à des résultats modestes ou, si nous parlions en langage non diplomatique, inexistants. Pourquoi ? Parce que nos interlocuteurs étaient soit des terroristes, soit des agents, soit les deux à la fois. Ceux-là touchent de l’argent de leurs maîtres et chaque mot qui sort de leur bouche est approuvé par ces derniers, et peut-être même estampillé sur leur langue.

Autrement dit, en pratique nous dialoguions avec des esclaves. Que pouvions-nous espérer d’un tel dialogue ? Que pouvions-nous espérer quand à chaque réunion et à chaque dialogue, direct ou indirect, ils proposaient tout ce qui correspondait aux intérêts des États étrangers, ennemis de la Syrie, et allait contre les intérêts du peuple syrien et contre l’unité territoriale de la patrie ?

Ces groupes à la solde des étrangers – aujourd’hui je parle très franchement, car au bout de presque sept années, il n’y a plus moyen d’user d’un langage diplomatique, même s’il s’agit ici d’une réunion de diplomates. Naturellement, nous, nous connaissons cette vérité. Nous savons que ces personnages et que ces groupes sont des fantômes imaginaires qui n’existent pas et qui ne pèsent pas – ont découvert récemment qu’ils ne pèsent pas grand-chose et qu’ils sont de simples instruments destinés à être utilisés une seule fois avant d’être jetés à la poubelle ; c’est-à-dire, qu’ils sont tel le matériel médical à usage unique, qu’on ouvre, qu’on utilise et qu’on jette, avec la différence essentielle qu’ils ne sont pas stérilisés au départ et contaminés au point de ne pas être recyclables.

Ce qui est charmant est que récemment ils ont commencé à parler des erreurs de la révolution. Au cours de l’année écoulée, des articles et des déclarations ont parlé de cette révolution pure et immaculée, eux-mêmes étant purs et immaculés, mais salis tantôt par la militarisation de la révolution, tantôt parce qu’ils ont ouvert leur espace à des extrémistes, etc.

Je suis en désaccord avec eux sur ce point et je pense que vous êtes d’accord avec moi. Ils ne se sont pas trompés. Ils ont fait leur devoir. Ils ont été chargés de collaborer et ont rempli leur rôle de collaborateurs. Dans ce domaine ils ont presque atteint l’infaillibilité en termes de discipline, de dévouement et de loyauté, avec un professionnalisme irréprochable. Mais ils ont fait quelques erreurs : la première lorsqu’ils ont cru que le maître accorde de l’importance à son esclave, je veux parler de leurs maîtres ; la deuxième lorsqu’ils ont cru qu’un peuple maître de lui-même, tel le peuple arabe syrien, accepte de se soumettre à des collaborateurs et des traitres de leur espèce. Quant à la troisième erreur c’est lorsqu’ils ont dit que la révolution avait échoué.

La vérité est que la révolution n’a pas échoué. Elle a été un modèle de réussite et nous en sommes fiers. Mais je ne parle pas de leur révolution. Je parle de la révolution de l’Armée syrienne face aux terroristes et de la révolution du peuple syrien face aux collaborateurs et aux traîtres.

Ils ont cru avoir monopolisé le terme « révolution », devenu un titre collé à d’autres titres et dont l’usage était interdit à quiconque : le Professeur révolutionnaire untel, le Docteur révolutionnaire untel, etc. Face à cela, nombre de patriotes syriens ont pris ce terme en aversion, juste parce qu’ils se l’étaient accaparé. Non… le terme révolution fait partie de notre langage, nous en sommes toujours fiers et nous ne l’avons remis à personne. Qu’ils aient été qualifiés de révolutionnaires, ne signifie pas qu’ils le sont et ne change rien à ce qu’ils sont vraiment. Que de personnes portent des noms de Prophètes, paix et bénédiction soient sur eux, sans rien posséder de la foi ? Il en est de même en ce qui les concerne. Qu’on les présente comme révolutionnaires ne signifie pas qu’ils le sont. Nous leurs disons maintenant : les véritables révolutionnaires sont l’élite patriote, l’élite humaine et l’élite morale ; mais vous, humainement, moralement et patriotiquement, vous n’êtes pas plus que des déchets.

Les initiatives d’Astana, Erdogan et les zones de désescalade

Tout comme nous avons répondu avec souplesse aux initiatives en faveur du dialogue, nous avons accueilli positivement celles portant sur la cessation des hostilités, même si nous n’avions aucun doute sur le fait qu’ils profiteraient de ces initiatives pour nous berner, comme ils l’ont fait à maintes reprises. Mais nos forces armées étaient à l’affût.

D’où la question : si les résultats des réunions sont inexistants et s’ils ne respectent pas leurs accords, pourquoi perdre notre temps, alors que depuis le début de la crise nous n’avons laissé passer aucune occasion d’arrêter l’effusion du sang des innocents, même quand l’espoir était minime ?

Partant de là, d’une vision nationale claire, et d’une grande confiance en nos amis, en Iran et en Russie, nous avons participé aux réunions d’Astana. Mais qu’en est-il du troisième partenaire : la Turquie ?

En ce qui nous concerne, il est présent sur le papier. Nous ne le considérons pas comme garant ni associé dans le processus de paix et, bien sûr, nous ne lui faisons pas confiance. Il est garant, mais pour les terroristes. La véritable raison de la participation de la Turquie aux congrès d’Astana est qu’Erdogan n’a plus d’autres options devant lui. Les terroristes tombent partout, les défaites se succèdent, les scandales aussi du fait de ses relations avec les terroristes. Par conséquent, entrer dans le processus d’Astana est d’une part une sorte de couverture, et d’autre part lui permet de protéger les terroristes. C’est ce qu’il a fait et, comme vous le savez, le blocage de nombre de sessions a eu lieu.

D’un autre côté, la participation d’une délégation d’Erdogan aux réunions d’Astana lui confère un rôle en Syrie, un rôle qu’il cherche et dont le but est de légitimer la présence des unités turques en Syrie, c’est-à-dire de légitimer l’occupation, alors que notre position était d’emblée très claire : tout individu turc présent sur le sol syrien sans le consentement du gouvernement syrien est un occupant.

Ce qui signifie qu’Erdogan est pratiquement devenu une sorte de mendiant politique sur le bord de la route suppliant pour qu’on lui accorde n’importe quel rôle, parce qu’il sent le déséquilibre qui sévit en Turquie et que le scandale de sa relation avec les terroristes est clairement découvert.

Et, s’il est resté au pouvoir, ce n’est pas pour son ingéniosité comme certains tentent de le présenter, mais parce qu’il a encore un rôle à jouer dans le soutien des terroristes en Syrie. Mais si jamais la situation syrienne se soldait en faveur du terrorisme ou d’autres forces soutenant le terrorisme, il deviendrait inutile. Il est donc resté au pouvoir à cause de son rôle du moment en Syrie : un rôle destructeur.

L’un des résultats d’Astana correspond aux « zones de désescalade ». Elles ont suscité nombre d’interrogations. Correspondent-elles à un fait accompli en direction de la partition ? Bénéficieront-elles aux terroristes ? Seraient-elles équivalentes aux zones sécurisées ?

La vérité est que dans les grandes lignes elles ne sont pas fondamentalement différentes des initiatives précédentes concernant la cessation des hostilités. Les différences sont dans la forme et concernent la géographie, la formulation et, dans une certaine limite, les procédures légèrement différentes par rapport aux initiatives précédentes, mais leur essence est la même : stopper l’effusion du sang, permettre le retour des déplacés, acheminer les aides humanitaires, donner une chance aux terroristes pour qu’ils quittent la chape terroriste et régler leur situation afin qu’ils reviennent dans le giron de l’État. Tels sont l’aspect général et le but ultime, lequel inclut naturellement la réconciliation nationale, la restauration de l’autorité de l’État, la sortie des terroristes qui déposeraient les armes ; autrement dit, le retour à l’état normal sur tout le territoire.

Concernant le « fait accompli » : il n’y a pas de fait accompli tant que nous n’arrêtons pas le combat. Nous parlons d’une seule arène, d’un même terrorisme quelles que soient ses différentes bases passant d’un groupe à un autre et d’un gang à un autre. Tant que nous continuerons de frapper le terrorisme dans cette même arène, il ne pourra que s’affaiblir partout ailleurs. Nous le frappons en un endroit, il s’affaiblit dans tous les d’autres. Et, tant que les combats se poursuivent, la situation demeure limitée dans le temps, non l’inverse. Cela signifie qu’il n’y a pas de fait accompli et qu’il n’est pas question qu’en tant que gouvernement syrien nous acceptions une proposition de partition sous n’importe quel titre. Ceci au cas où une telle proposition aurait été avancée, ce qui n’est pas le cas.

Quant à la question de savoir si les zones de désescalade bénéficieront aux terroristes, il n’y a pas de souci à se faire à cet égard. Ils ont déjà essayé, mais nos forces armées étaient à l’affût et les ont écrasés plus d’une fois.

Enfin, les « zones sécurisées » signifient que l’aviation de la coalition menée par les États-Unis crée une zone de couverture aérienne des terroristes, permettant leurs déplacements et leur expansion, allant jusqu’à frapper quiconque avance pour les combattre. La situation est différente pour les « zones de désescalade », car le survol de ces zones est interdit pour toutes les parties, mais les terroristes seront frappés au cas où ils se déplacent dans n’importe quelle direction, et s’ils violent l’accord, en tant que gouvernement syrien nous avons le droit d’en faire les cibles de nos opérations militaires.

Et maintenant que va-t-il se passer ? En pratique, nous ne faisons que participer à la formation de comités de dialogue représentant l’État syrien, d’autres comités seront formés par les parties résidant dans ces zones [de désescalade], afin de discuter des points de l’accord cités plus haut, dans le but ultime d’aboutir à la réconciliation nationale ; laquelle ne pourra se concrétiser que par le départ des terroristes et la restauration de l’autorité de l’État sur tout le territoire. Rien de moins, car cela signifiera que nous n’avons pas atteint notre objectif.

C’est pourquoi, il est de notre intérêt que cette initiative soit un succès, et nous ferons tout ce que nous pourrons pour qu’elle réussisse. Mais cela dépend aussi des capacités et de la sincérité des autres parties, qu’elles soient présentes à l’intérieur de ces zones ou à l’extérieur des frontières syriennes, les parties étrangères pouvant influer négativement ou positivement sur les parties locales.

Ce que retiendra l’Histoire de nous-mêmes, de nos frères et de nos amis

Mesdames et Messieurs, malgré plus de six années d’une guerre féroce menée contre la Syrie par les plus redoutables des organisations terroristes soutenues par les pays les plus puissants et les plus riches du monde, nos Forces armées réalisent quotidiennement un exploit après l’autre malgré l’intensité des combats, écrasant les terroristes, purifiant les régions qu’ils ont souillées, et continuent.

L’héroïsme et les sacrifices consentis par l’Armée syrienne, nos Forces armées et les Forces alliées, sont un modèle dans l’Histoire des guerres et un phare qui guidera les générations futures dans le sens de la dignité nationale, de l’amour de la patrie, et du dévouement à la patrie et au peuple. En effet, ils ont été le véritable levier du processus de réconciliation nationale commencé il y a trois ans et ont motivé tous ceux qui hésitaient à revenir dans le giron de la patrie.

En d’autres termes et sans exagération, les réalisations militaires de nos Forces armées ont fait la guerre et la politique. En cela, elles ont été soutenues par la résistance de tout le peuple syrien, chacun à son poste : l’élève, l’enseignant, le travailleur, le fonctionnaire, le diplomate, le professionnel, etc., sans lesquels la Syrie n’aurait pu résister jusqu’à aujourd’hui.

Quant aux frères et aux amis, ils ont grandement participé à ces réalisations. Les combattants du Hezbollah, lequel se passe de présentation, n’ont pas été moins concernés par le sol syrien que leurs frères dans l’héroïsme : les combattants des Forces armées syriennes. Nous en parlons avec la même fierté que nous inspire n’importe quel combattant syrien ayant défendu sa patrie. Nous sommes aussi fiers de leurs martyrs, de leurs blessés et de leurs familles héroïques.

L’Iran n’a cessé de se tenir à nos côtés dès le premier jour. Il nous a fourni des armes et des équipements sans limite, nous a envoyé des conseillers et des officiers pour nous aider dans la planification, nous a soutenus économiquement face aux conditions très difficiles que nous avons traversées, s’est associé à tous nos combats politiques devant tous les forums internationaux, et a prouvé objectivement qu’il est maître de ses décisions, fidèle à ses principes, respectueux des pactes conclus.

Quant à la Russie, elle a utilisé son veto à plusieurs reprises dans des conditions sans précédent historique, pour défendre l’unité et la souveraineté de la Syrie, la Charte des Nations Unies et le droit international. La Chine a fait de même.

Et la Russie n’a pas arrêté de soutenir l’Armée syrienne, lui fournissant tout ce dont elle avait besoin pour s’acquitter de sa mission de lutte contre le terrorisme, puis a envoyé sa force aérienne participant directement à cette lutte jusqu’à offrir des martyrs sur le sol syrien.

Si les exploits sur le terrain militaire ont été réalisés par la détermination de tous ces héros réunis ; le soutien direct, politique, économique et militaire de nos amis, a permis une progression plus rapide, tout en rendant les pertes et les charges de la guerre moins lourdes. Ils sont donc nos partenaires effectifs sur la route de la victoire contre le terrorisme et du rétablissement de la sécurité et de la stabilité en Syrie.

Et si le peuple arabe syrien et ses Forces armées sont en train d’écrire une nouvelle Histoire de la Syrie et de la région, certains chapitres parleront de nos amis, de l’Iran et de l’Imam Khamenei, de la Russie et du Président Poutine, du Hezbollah et de Sayed Hassan Nasrallah. Des chapitres qui parleront de leur fidélité à leurs principes, de leurs qualités morales et de la noblesse de leurs comportements. Des chapitres qui seront lus par les générations futures.

La feuille de route

Quelles sont les orientations futures de la politique syrienne ? Nous commencerons par la règle classique que nous avons adoptée depuis les premiers jours de la guerre, laquelle repose sur deux points. Le premier : continuer à combattre et à écraser les terroristes, partout où il se trouve, en coopération avec les Forces alliées et les amis. Le deuxième : poursuivre la réconciliation nationale, partout où il le faut, car elle a fait preuve de son efficacité et c’est une chance pour arrêter l’hémorragie et reconstruire le pays.

Deuxièmement : Améliorer notre communication extérieure. Le fait est que l’opinion publique internationale, notamment en Occident, a beaucoup changé. Et vous, au ministère des Affaires étrangères, vous êtes les mieux placés pour en suivre les détails. Elle a changé surtout parce qu’elle a découvert, après des années, que le roman n’était pas bien ficelé. Sept ans qu’on lui raconte le même mensonge à propos de l’État qui tue son peuple, du monde qui soutient le peuple contre l’Etat, lequel est resté debout. Un discours voué à l’échec et illogique même pour des enfants. Elle a aussi découvert que ses responsables mentaient et que ses médias traditionnels s’étaient associés aux mensonges de ses fonctionnaires et de son État. Mais si elle a découvert que l’histoire racontée est fausse, cela ne signifie pas nécessairement qu’elle connaît la vraie histoire ; ce qui est de votre ressort et au cœur de votre travail de diplomates. Maintenant que les portes de la vérité ont été ouvertes, nous devons la présenter à l’opinion publique et plus particulièrement en Occident.

Troisièmement : Promouvoir l’économie, d’autant plus que votre congrès coïncide avec la « Foire internationale de Damas », laquelle donne un grand signal dans cette direction. Promouvoir les opportunités économiques déjà disponibles et celles qui pourraient l’être dans un proche avenir. À ce stade, permettez-moi de dire que l’économie syrienne est entrée dans une phase de reprise, lentement mais sûrement, bien que nous soyons en état de siège presque total. Cela aussi fait partie des missions de la diplomatie syrienne.

Quatrièmement : Nous orienter politiquement, économiquement et culturellement vers l’Est. Et c’est un point important, l’Est étant pris en grande partie au sens politique. Sans définir les pays qui le composent, ce qu’en tant que diplomates vous définissez parfaitement, l’Est possède tous les éléments du développement. Il n’est plus dans le « Second monde » comme par le passé, mais fait partie du « Premier monde » dans tous les sens du terme. En tant que pays en développement, nous n’avons pas besoin du dernier cri en matière de sciences. L’Est possède assurément tout l’essentiel dont nous avons besoin. Il possède les éléments de la science, de l’économie et de la civilisation, nous traite d’égal à égal avec respect, sans diktats, sans orgueil et sans arrogance. Autant de comportements pratiquement absents du côté de l’Occident, lequel ne nous a rien offert même dans les meilleures périodes. Les choses les plus simples, telles les missions scientifiques, nous ont été refusées. Ainsi, quand il pense qu’une spécialisation pourrait avoir un impact significatif sur le développement en Syrie, il refuse nos étudiants. Par conséquent, nous ne devons pas compter sur l’Occident. Je parle d’une expérience de plus de quatre décennies, et notamment depuis la Guerre d’Octobre en 1973.

À propos de la réouverture de certaines ambassades

L’Occident d’aujourd’hui est atteint de paranoïa. S’il parle de Communauté internationale, il parle de lui-même, le reste du monde étant probablement composé de troupeaux de bétails et non de sociétés. S’il coupe ses relations avec nous, il pense nous avoir coupé l’oxygène. Et s’il ferme ses ambassades, il dit que nous sommes isolés même si nous avons conservé nos relations avec des dizaines d’autres pays. Nous sommes donc un pays isolé, mais combien de nos ambassadeurs à l’étranger sont aujourd’hui présents dans cette salle, et combien d’ambassadeurs de l’étranger sont présents en Syrie ? Nous ne sommes pas isolés comme les Occidentaux le croient. C’est leur orgueil qui les amène à penser de cette façon.

Dernièrement, nous avons commencé à entendre parler de la possibilité de réouverture des ambassades de certains pays occidentaux qui se sont comportés en ennemis de la Syrie et qui se sont tenus du côté des terroristes. Certains disent qu’ils ouvriront leurs ambassades en échange de notre coopération en matière de sécurité, ou prétendent que nous n’accepterions la coopération sécuritaire qu’à condition qu’ils ouvrent leurs ambassades ; en dépit du fait qu’il ne nous a pas été demandé si nous accepterions cette réouverture.

Ce discours suggère que nous attendrions ce jour avec impatience, comme si nous étions assis sur le côté de la route attendant le jour de la délivrance où ces ambassades étrangères nous ouvriraient leurs portes ; et sinon toutes, au moins une. Alors, peut-être que nous pourrions nous sentir en notre être, peut-être que nous pourrions ressentir notre légitimité perdue du fait de leur absence, et plus encore, peut-être que nous éprouverions le sentiment d’avoir retrouvé notre honneur et notre dignité nationale. C’est ainsi qu’ils pensent.

La vérité est que n’avons jamais évoqué ce sujet de cette façon. Nous n’avons jamais dit que nous acceptons une coopération en matière de sécurité en échange de l’ouverture des ambassades. Nous disions qu’aucune relation n’était possible, y compris en matière de sécurité, qu’en cas de « couverture politique », laquelle suppose une relation politique saine, rendue impossible tant que les pays en question soutiennent le terrorisme.

C’es pourquoi nous serons clairs : il n’y aura ni coopération sécuritaire, ni ouverture des ambassades, ni même de rôle pour certains pays ayant récemment commencé à dire qu’ils voudraient participer à la résolution du problème en Syrie, tant qu’ils n’auront pas coupé leurs relations avec le terrorisme et les terroristes, de manière claire, explicite et sans ambiguïté. Ce n’est qu’alors qu’il sera possible de parler de l’ouverture des ambassades.

Le système politique occidental incapable de produire des hommes d’État

Cette stupidité occidentale n’est pas nouvelle. J’ai toujours en mémoire le sujet des désertions que je n’ai jamais évoqué dans mes discours et lequel a juste fait l’objet d’une question à laquelle j’ai répondu. Ce sujet étant désormais tombé dans l’oubli, il n’est pas inutile de le rappeler, d’autant plus que nous avions dit qu’il n’était pas d’une grande importance, alors qu’il l’est. En effet, imaginez si pendant toutes ces années une cinquième colonne d’une centaine – certains diront de milliers, peu importe- de fonctionnaires, à la solde de l’étranger, était dissimulée dans les différents services administratifs de l’État. Où en serions-nous aujourd’hui ? Comment aurions-nous pu les déceler ? Et comment aurions-nous pu leur dire : vous êtes des non-patriotes indignes de confiance, sortez des services de cet État pour que nous puissions travailler correctement ? Nous ne pouvions pas, mais les fonctionnaires de l’Occident l’on fait. Ils ne les ont pas simplement sortis des services de l’État, mais de toute la patrie. Autrement dit, ils ont fait une opération de nettoyage, sans précédent, que nous n’aurions pas pu faire. Comme quoi, quels que soient les points de divergence entre les pays, il y a toujours des points de convergence. La preuve, nous pouvons dire aujourd’hui que l’Occident soutenait ces désertions tout autant que nous !

D’un autre côté, l’Occident a pensé punir la Russie, mais a perdu plus qu’elle n’a perdu. Au final, cette grande puissance a immédiatement compensé ses pertes par ses relations avec d’autres pays et l’augmentation de sa production locale grâce à son économie diversifiée, à son vaste territoire et à la grande variété de ses ressources naturelles. C’est donc la Russie qui a gagné.

C’est ainsi que depuis au moins une vingtaine d’années, l’Occident n’a cessé de témoigner de sa stupidité, conséquence de l’arrogance qui l’a frappé. Il dispose d’énormes ressources et d’excellentes capacités dans tous les domaines, mais son manque de sagesse fait qu’il n’en tire pas profit. C’est pourquoi il passe d’une erreur à l’autre, d’un problème à l’autre, d’une impasse à l’autre, et se couvre avec des mensonges.

Il semble que le système politique occidental ne soit plus capable de produire des hommes d’État. Quant à la société occidentale, il est certain qu’elle est riche, en avance dans tous les aspects de la vie et capable de produire encore. C’est un fait que nous ne nions pas. C’est le système politique qui n’autorise qu’à ceux qui servent les élites politiques, financières ou autres, d’accéder aux commandes. D’où les résultats que nous constatons aujourd’hui.

Les bases de la politique syrienne

Quelles sont les bases sur lesquelles repose la politique syrienne et particulièrement à cette étape, l’étape de la guerre ?

Premièrement : Tout ce qui concerne le destin et l’avenir de la Syrie dépend à 100% des Syriens, et nos amis adoptent clairement ce discours. Nous acceptons les conseils d’où qu’ils viennent, mais la décision finale ne peut-être que syrienne.

Deuxièmement : L’unité territoriale de la Syrie fait partie des évidences qui n’admettent aucune discussion.

Troisièmement : L’identité nationale syrienne est incontestable, mais l’essence de cette identité est l’arabité dans son sens civilisationnel fédérateur de tous les enfants de la patrie et de toutes les franges de la société.

Quatrièmement : Nous ne permettrons pas aux ennemis, aux adversaires ou aux terroristes d’obtenir, par le biais de la politique, ce qu’ils n’ont pu accomplir sur le terrain par le biais du terrorisme.

Le dernier point : La guerre ne modifiera en rien nos principes. La cause palestinienne est toujours essentielle à nos yeux, Israël est toujours l’ennemi qui occupe nos territoires et nous soutenons toujours toute résistance dans la région à partir du moment où elle est vraie et non falsifiée, comme c’est le cas de certaines résistances.

Mesdames et Messieurs,

Dans cette guerre que nous menons sur plusieurs fronts et dans plusieurs domaines afin de défaire le projet terroriste et de rétablir la paix et la sécurité, nous devons réaliser que sa prolongation est, d’un certain côté, liée à la crainte de nos ennemis et adversaires de voir la Syrie se relever beaucoup plus forte qu’elle ne l’était.

C’est pourquoi nous devons dès à présent travailler sérieusement à la construction de la Syrie de l’avenir sur des bases solides : une Syrie libre, forte, indépendante, où le terrorisme, l’extrémisme, les traîtres et les agents de l’étranger n’ont pas de places.

Et, c’est pourquoi nous devons réaliser que ce travail accompli sera le gage de notre fidélité aux valeurs, aux traditions et aux intérêts de la Syrie et des Syriens.

Je vous souhaite tout le succès dans vos missions et pour votre congrès.

Que la paix soit sur vous.


Dr Bachar al-Assad

Président de la République arabe syrienne

Source : vidéo SANA (Syrian Arab News Agency)

Traduction et transcription : Mouna Alno-Nakhal/RéseauxInternational

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mar 19 Sep - 0:47

Un rapport accablant sur les falsifications du Pentagone de documents de transferts d’armes aux rebelles syriens.



Un nouveau rapport accablant publié en commun par deux groupes internationaux de surveillance des armes confirme mardi que le Pentagone continue d’expédier un nombre important d’armes en Syrie et que le ministère de la défense brouille les pistes qui mènent au dossier. Mardi le projet de rapport sur la criminalité organisée et la corruption (OCCRP) et le Réseau des rapports d’enquête des Balkans (BIRN) ont présenté une preuve probante attestant que non seulement le Pentagone est actuellement impliqué dans l’expédition d’armes pour une valeur de 2,2 milliards provenant d’un réseau de trafiquants privés à ses partenaires alliés en Syrie (il s’agit principalement d’armes de l’ancienne armée soviétique), mais aussi qu’il falsifie réellement des documents tels que les certificats d’utilisateur final vraisemblablement pour masquer l’implication des Etats Unis.

Le projet de rapport sur la criminalité organisée et la corruption (OCCRP) et le Réseau des rapports d’enquête des Balkans (BIRN) ont publié des fichiers d’approvisionnement internes de défense des États-Unis après une recherche approfondie qui a révélé que le Pentagone organise un trafic d’armes à grande échelle qui provient des Balkans et du Caucase pour finir en Syrie et en Irak. Le programme est apparemment une partie de l’équipement et de la campagne d’assistance aux forces démocratiques syriennes (SDF, une coalition de groupes YPG/J et ASL opérant principalement dans l’est de la Syrie). Le trafic est colossal et le programme semble être là pour des années.

Selon Foreign Policy’s (FP) qui rapporte le contenu du rapport :

Le ministère de la défense a prévu une somme de 584 millions de dollars spécifiquement pour cette opération syrienne pour les exercices financiers 2017-2018 et a affecté 900 millions de dollars de plus pour des dépenses dans les munitions de style soviétique d’ici 2022. Un total de 2,2 millions de dollars, une évaluation probablement minimaliste du flot d’armes à destination des rebelles syriens pour les années à venir.

Mais, ce qui est certainement le plus choquant, c’est l’aveu suivant selon lequel les fournisseurs du Pentagone ont des liens avec des réseaux criminels connus. De FP encore :

D’après le rapport un grand nombre de fournisseurs d’armes principalement en Europe de l’Est et également dans les anciennes républiques soviétiques y compris le Kazakhstan, la Géorgie et l’Ukraine ont tous des liens avec le crime organisé à travers l’Europe de l’est avec des documents commerciaux douteux.

La véritable quantité de matériel nécessaire au programme du pentagone (une usine de munitions a annoncé qu’elle planifiait d’embaucher 1000 nouveaux employés en 2016 afin de faire face à la demande) aurait poussé les fournisseurs à la limite de leurs productions, forçant le ministère de la défense à assouplir les normes sur le matériel qu’il était prêt à accepter.


Il est probable que l’association du crime organisé est la raison pour laquelle le Pentagone a cherché à modifier ses documents. De plus, la quantité d’armes expédiées dans les champs de bataille syriens et dans d'autres endroits du Proche-Orient implique une prolifération inévitable parmi les groupes terroristes, un phénomène qui a déjà été documenté de manière exhaustive dans le cadre du programme CIA soi-disant clos pour renverser le gouvernement syrien. Les alliances et les associations parmi l’ancien groupe de l’ASL que le ministère de la défense continue de soutenir dans le nord et l’est restent fluides, ce qui signifie que les armes fournies par les EU continueront à passer parmi des groupes sans obligation de rendre compte de leurs destinations.

L’un des auteurs du rapport de l’OCCRP et du BIRN, Ivan Angelovskia a affirmé à Foreign Policy que le Pentagone était en train de supprimer tout ce qui, dans les dossiers d’approvisionnement, prouverait que les armes sont directement expédiées à l’opposition en Syrie. Le rapport repose sur des notes internes du gouvernement des États-Unis qui révèlent que les lieux des destinations des armes ont été supprimés des documents originaux.

Dossiers d’approvisionnement du pentagone falsifiés et modifiés.




Un CUF(Certificat d’utilisateur final) est-il encore un CUF s’il ne comporte pas un utilisateur final?



Balkan Insight, qui détient le rapport d’enquête originale : sept documents d’approvisionnements américains ont été blanchis pour supprimer la référence à la Syrie après que des journalistes aient contacté le Pentagone pour se renseigner sur la question de savoir si les pays exportateurs -Bulgarie, Roumanie, Serbie, Ukraine et Géorgie ont été informés de la destination.

Le fait que Foreign Policy, qui est la première publication sur la sécurité nationale dans le monde, admette que le programme d’achat d’armes du Pentagone pour la Syrie est lié au crime organisé de l’Europe de l’Est est en soi-même largement significatif. À ce stade, la preuve est tout simplement si écrasante que même les sources de l’establishment comme FP (qui est généralement pro-interventionnistes en Syrie) ne peuvent pas le nier.

FP rapporte en outre que le programme du Pentagone «semble être en train de faire face au monde sombre des revendeurs d’armes de l’Europe de l’Est. Et ajoute que « le Pentagone aurait supprimé seulement des preuves mentionnant ceux qui utiliseront les armes en dernier lieu, pour éviter de se heurter à l’un des piliers des protocoles internationaux contre le trafic illicite d’armes.


La carte a été établie dans le cadre du rapport du OCCRP et du BIRN, confirmé par le magasine Foreign Policy. Notez que la carte indique que les armes antérieures de la CIA sont allées directement dans la province de Idlib (NORD OUEST section en vert) et à la région frontalière du Golan (sud). Ces deux régions étaient et sont toujours occupées par Al Qaida (dans Idlib, Hay’at Tahrir al-Sham d’AQ). A Idlib en particulier, les analystes ont confirmé le nettoyage génocidaire concernant les religions minoritaires effectué par Al QAIDA à l’aide des armes de la CIA.

Le mois dernier nous avons présenté la journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva qui a été licenciée de son emploi l après avoir été interrogée par les responsables du renseignement national pour avoir révélé le même réseau d’armes du Pentagone qui est le sujet de l’enquête du OCCRP et du BIRN. A l’époque Al Jazeera avait été la seule et principale source internationale qui avait couvert l’histoire et avait confirmé qu’un agent bulgare avait interrogé Gaytandzhieva et la chaine avait tenté de retrouver ses sources. Une source anonyme avait divulgué un grand nombre de fichiers gouvernementaux internes liés au trafic d’armes à un journaliste de Trud Newspaper basé en Europe de l’Est et qui était à la base des rapports de la journaliste bulgare. La plus récente enquête publiée mardi semble inclure certains de ces mêmes documents, également confirmés par Gayandzhieva.

Tyler Durden

source:http://www.zerohedge.com/news/2017-09-13/bombshell-report-catches-pentagon-falsifying-paperwork-weapons-transfers-linked-orga

Traduit par Saadia Khallouki, relu par Martha pour Réseau International



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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Lun 30 Oct - 15:24

Sénat : Fin du mensonge d'Etat sur l'origine de la guerre en Syrie



Colloque au Sénat : Fin des bobards officiels depuis 5 ans sur l'origine de la guerre en Syrie

Alain Juillet, ex-directeur du renseignement de la DGSE, explique les causes véritables de la guerre en Syrie.




Le Qatar crache le morceau sur la guerre en Syrie


Conférence de presse à Londres en 2013 : Premier ministre qatari, Cheikh Hamad ben Jassim ben Jabr al-Thani, et John Kerry, secrétaire d'Etat étasunien. Un courriel de Hillary Clinton de 2014 a confirmé que le Qatar sponsorisait l’État islamique à la même période.

L’interview télévisée d'un haut responsable qatari avouant la vérité cachée à l’origine de la guerre en Syrie, est en train de faire un tabac sur les médias sociaux arabes. La semaine même, un document secret éventé de la NSA a confirmé que, dès le début des années de conflit, l'opposition armée syrienne était directement sous les ordres de gouvernements étrangers.


Et selon un analyste syrien bien connu, un conseiller économique en étroit contact avec le gouvernement syrien, cette interview explosive constitue « un aveu public de haut niveau sur la collusion et la coordination de quatre pays visant à déstabiliser un État indépendant, et sur leur éventuel soutien à Nusra/al-Qaïda. »

Il est important de noter que « cet aveu aidera à constituer le dossier de ce que Damas considère être une atteinte à sa sécurité et à sa souveraineté, et que ce dossier appuiera les demandes d'indemnisation. »

Tandis que la guerre se poursuit au ralenti en Syrie, il semble que de nouvelles informations apparaissent presque chaque semaine sous la forme de témoignages de hauts responsables impliqués dans la déstabilisation de la Syrie. Il y a même parfois des fuites de courriels et de documents qui détaillent les opérations secrètes de changement de régime contre le gouvernement Assad. Bien qu'une grande partie de cet article serve à confirmer ce que savaient déjà tous ceux qui n'ont jamais gobé la propagande simpliste culminant dans les grands médias, les pièces du puzzle qui s’assemble toujours fournissent aux futurs historiens une illustration plus limpide de la véritable nature de la guerre.

Comme prévu, cette œuvre de clarification a été aidée par les luttes intestines entre d’anciens alliés du Conseil de Coopération du Golfe, l’Arabie Saoudite et le Qatar, chacun accusant l'autre de financer l’État islamique et les terroristes d’al-Qaïda (ironiquement, les deux l’ont fait). Le monde voit de plus en plus de déballage de linge sale, et après les années où quasiment toutes les monarchies du Golfe ont financé les mouvements djihadistes dans des pays comme la Syrie, l'Irak et la Libye, le Conseil de coopération du Golfe implose.

Depuis 2013, The Intercept (+Wachington Post ?) cache des documents de la NSA qui montrent que les Saoudiens ordonnaient les attaques des « rebelles » contre Damas. Ces documents sont désormais publiés. https://t.co/0PZrBKpJCw
– Julian Assange ???? (@JulianAssange) 24 octobre 2017

Le haut responsable qatari n'est autre que l'ancien Premier ministre Hamad ben Jassim ben Jaber al-Thani. Jusque 2013, c’est lui qui supervisait les opérations en Syrie pour le compte du Qatar (en tant que ministre des Affaires étrangères au début), et on le voit sur la photo ci-dessous de janvier 2010, avec la secrétaire d'État Hillary Clinton (rappelons que le Comité pour la Coupe du monde 2022 du Qatar a fait don de 500 000 dollars à la fondation Clinton en 2014).


Mercredi, lors d’un entretien sur Qatari TV, ben Jaber al-Thani a révélé que dès le début des événements (en 2011), aux côtés de l'Arabie Saoudite, de la Turquie et des États-Unis, son pays a commencé à envoyer des armes aux djihadistes.

Al-Thani a même comparé l'opération secrète à un safari – le gibier étant le Président el-Assad et ses partisans – dont le « gibier », reconnaît-il, s’est échappé (el-Assad est toujours au pouvoir ; il a employé le mot al-sayda du dialecte arabe du Golfe, qui sous-entend qu’il s’agissait d’une chasse aux gros animaux pour le sport). Bien qu’al-Thani ait nié les allégations crédibles de soutien à l’État islamique, ses paroles impliquaient la réalité du soutien direct du Golfe et des États-Unis à al-Qaïda en Syrie (Front al-Nusra) dès les premières heures du conflit, et des documents prouvent que la guerre avait été planifiée pour mettre en œuvre le changement de régime.

« Nous nous disputions la proie et la proie s'est sauvée. » Mesdames et messieurs, pour ces gens, la Syrie et el-Assad n'étaient rien d’autre qu’un putain de safari https://t.co/w4oKO5TTK6
– EHSANI2 (@ EHSANI22) 27 octobre 2017

D’après la traduction de Zero Hedge, tout en reconnaissant que les pays du Golfe armaient les djihadistes en Syrie, avec l'approbation et le soutien des États-Unis et de la Turquie, al-Thani a dit : « Je ne veux pas entrer dans les détails, mais nous avons de nombreux documents sur la prise en main des choses [en Syrie]. » Il a affirmé que le roi Abdallah d'Arabie saoudite (qui a régné jusqu'à sa mort, en 2015) et les États-Unis, ont donné au Qatar le rôle principal dans les opérations secrètes de la guerre par procuration.

Bien que très révélateurs, les commentaires de l'ancien Premier ministre visaient à défendre et excuser le soutien du Qatar au terrorisme et à critiquer les États-Unis et l'Arabie saoudite pour l’avoir laissé porter le chapeau dans la guerre contre el-Assad. Si al-Thani s'en prenait aux Étasuniens et aux Saoudiens, qui « étaient avec nous dans la même tranchée », c’est parce que le Qatar finançait toujours les insurgés armés en Syrie, alors que les autres pays ont par la suite fini par réduire progressivement leur énorme soutien.

Lors d’une précédente interview télévisée aux Etats-Unis, qui est passée largement inaperçue, interrogé sur les allégations de soutien du Qatar au terrorisme, voici ce qu’al-Thani a confié à Charlie Rose : « En Syrie, tout le monde a fait des erreurs, y compris votre pays. » Il a dit aussi qu’au début de la guerre en Syrie, « pour les opérations, tous se servaient de deux salles de travail, une en Jordanie et l’autre en Turquie. »

Il y a ci-dessous la partie clé de l'interview de mercredi. Elle a été traduite et sous-titrée par @Walid970721. Zero Hedge a révisé et confirmé la traduction, mais comme l'a reconnu le traducteur de la traduction originale faite à la hâte, al-Thani ne dit pas Lady mais prey [al-sayda] – car el-Assad et les Syriens étaient chassés depuis l’extérieur, par d’autres pays.

L'ex-Premier ministre du #Qatar dit que le soutien qatari aux djihadistes, dont Nusra en #Syrie, se faisait en coordination avec l'Arabie saoudite, la Turquie et les États-Unis via @BBassem7 pic.twitter.com/tu8IMRI7IP
– Walid (@ walid970721) 27 octobre 2017

Voici la traduction partielle de l’interview :

Au début des événements en Syrie, je suis allé en Arabie Saoudite où j'ai rencontré le roi Abdallah. Je l’ai fait sur ordre de Son Altesse le prince, mon père. Il [Abdullah] a dit « nous sommes derrière vous. Vous avez finalement décidé de mener ce projet et nous allons nous coordonner à vous, mais vous dirigerez. » Je ne vais pas entrer dans les détails, mais nous avons de nombreux documents. Tout ce qui a été envoyé [en Syrie] devait passer par la Turquie en coordination avec les forces étasuniennes. Et tout a été distribué via la Turquie et les forces étasuniennes. Et nous, les militaires, avons été impliqués avec tous les autres. Il y a peut-être eu des erreurs et la mauvaise faction a été soutenue… Peut-être y avait-il des rapports avec Nusra, c'est possible, mais je ne le savais pas… nous nous disputions la proie [al-sayda], et la proie s’étant désormais sauvée, nous nous disputons encore… et maintenant Bashar est toujours là. Vous [les États-Unis et l'Arabie Saoudite] étiez avec nous dans la même tranchée… Je n'ai aucune objection envers les revirements, si vous trouvez que ça ne va pas, mais informez en au moins votre partenaire… par exemple, laisser Bachar [el-Assad] ou faire ceci ou cela. Mais la situation qui a été créée ne permettra jamais aucun progrès au sein du Conseil de coopération du Golfe, ni aucun progrès sur quoi que ce soit, si nous continuons à nous battre ouvertement.

Il est désormais bien connu que la CIA a été directement impliquée dans les tentatives de changement de régime en Syrie, en partenariat avec ses alliés du Golfe. Ce fait est confirmé par des notes de service du renseignement étasunien qui ont été ébruitées et levées du sceau du secret. Le gouvernement étasunien a compris en temps réel que les armements sophistiqués fournis par le Golfe et l'Ouest, allaient à al-Qaïda et à l’État islamique, malgré les dires officiels qu’ils allaient aux rebelles soi-disant « modérés ». Par exemple, une note du renseignement de 2014, envoyée par courriel à Hillary Clinton et qui avait été ébruitée, reconnaissait que les Qataris et les Saoudiens sponsorisaient l’État islamique.

Voici ce que disait en langage clair et sans équivoque le courriel :

…les gouvernements du Qatar et de l'Arabie saoudite, qui fournissent de l’appui financier et logistique clandestin à l'État islamique et à d'autres groupes sunnites radicaux dans la région.

Par ailleurs, un jour avant l'interview du Premier ministre al-Thani, The Intercept a publié un nouveau document top secret de la NSA déniché dans des fichiers du renseignement fournis par Edward Snowden. Il montre clairement que l'opposition armée en Syrie était sous le contrôle direct des gouvernements étrangers dès premières années de la guerre qui a maintenant coûté un demi-million de vies.


Le document de la NSA fraîchement publié, confirme qu'une attaque des insurgés de 2013, avec des roquettes sol-sol sophistiquées contre des secteurs civils de Damas, dont l'aéroport international, a été directement couverte et ordonnée par l'Arabie Saoudite, avec le renseignements étasunien qui était déjà parfaitement au courant. Comme le confirme également l'ancien Premier ministre qatari, les Saoudiens et le gouvernement étasunien ont pourvu en personnel des « salles de travail » pour superviser ces atroces attentats à l’époque de l'attaque contre l'aéroport de Damas, en 2013.

Il ne fait aucun doute qu'il reste un filon de témoignages accablants qui continueront à sortir lentement dans les mois et les années à venir. À tout le moins, la guerre diplomatique entre Qatar et Arabie saoudite portera d’autres fruits, puisque chaque partie met sur pied un dossier accusant l’autre de soutenir le terrorisme. Et comme on peut le voir dans cette dernière interview télévisée qatarie, les anciens alliés s’entre-déchirant, les États-Unis eux-mêmes ne seront pas épargnés dans cette nouvelle ère de déballage de linge sale en public.

Zero Hedge, Tyler Durden, 28 octobre 2017

Original :
www.zerohedge.com/news/2017-10-28/shocking-viral-interview-qatar-confesses-secrets-behind-syrian-war
Traduction Petrus Lombard

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mar 14 Nov - 18:48

Révélation : les USA ont mené une guerre secrète contre la Syrie dès 2011



Hamad Bin Jassem Al Thani, ancien Premier ministre du Qatar, confirme que les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar ont comploté en vue d'armer des groupes rebelles et de mener ainsi une guerre secrète contre la Syrie ; une guerre « par proxy », comme disent pudiquement certains spécialistes, mais surtout une guerre illégale au regard du droit international.

Voici l'extrait accablant de l'interview que cet ancien Premier ministre a accordé récemment à la BBC. Cette vidéo a été réalisée par la journaliste Adeline Chenon Ramlat.

CERCLE DES VOLONTAIRES http://www.cercledesvolontaires.fr/


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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Dim 17 Déc - 19:24

Les Américains dans la souricière syrienne



Après la prise par l'armée syrienne et ses alliés de la ville d'Abou Kamal, dernier bastion de Daech en Syrie, les États-Unis sont donc arrivés au bout de leurs espérances.



Mais faut-il s'attendre à un départ de la coalition menée par les Etats-Unis ?

Bassam Tahan, analyste franco-syrien des questions internationales, nous donne plus de détails sur le sujet.

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mer 27 Déc - 1:27

Bonsoir mes frères & sœurs I love you
Enfin un témoignage concret sur la libération de Alep après l'avalanche de mensonges et propagandes relayée éhontément pas nos médias. Ce témoignage plus où moins relayé par les médias fait découvrir une tout autre réalité que celle qu'on nous avait transmise en droite ligne des djihadistes et distillée par les médias.
Akasha.


Guerre en SYRIE - Rencontre avec Myriam Rawick, auteure du livre " Le journal de Myriam "



Myriam, 13 ans raconte la guerre d'Alep - C l'hebdo - 10/06/2017



A lire avec attention un article puplié par le site Les Crises :

(Alep) “Le Journal de Myriam”, la guerre en Syrie à hauteur d’enfant

Source : France 24, Assiya Hamza, 07/06/2017


© DR Philippe Lobjois | Les rues dévastées de la ville d’Alep, en janvier 2017.

Texte par Assiya HAMZA

Myriam a grandi sous les bombes d’Alep en Syrie. Aujourd’hui âgée de 13 ans, elle publie, avec le journaliste Philippe Lobjois, “Le Journal de Myriam”, un témoignage inédit sur le huis clos de la guerre et une enfance déchirée.

Elle s’appelle Myriam, elle a 13 ans aujourd’hui. Comme de nombreuses petites filles de son âge, elle confie son quotidien à un journal intime. Comme de nombreuses petites filles de son âge, elle consigne tout, les rires, les pleurs, les anniversaires, les amitiés…. Myriam n’est pourtant pas tout à fait comme les autres, elle est syrienne. Son quotidien, ses souvenirs, ses émotions, tout ce qu’elle couche minutieusement sur le papier se noue dans un pays en guerre. Dans “Le Journal de Myriam”, publié aux éditions Fayard, Myriam Rawick raconte le chaos à Alep-Ouest, zone sous contrôle gouvernemental, en Syrie, de novembre 2011 à décembre 2016. Un témoignage inédit recueilli par le reporter de guerre Philippe Lobjois. En décembre 2016, il décide de se rendre en Syrie, pays qu’il ne connaît pas, pour comprendre cette guerre que personne ne raconte de l’intérieur. Il rencontre alors Myriam et sa mère Antonia à la congrégations des frères maristes bleus à Alep-Ouest, dans la zone sous contrôle gouvernemental.

>> À voir “Maintenant, je n’ai plus peur à Alep”

“Dans un petit cahier d’écolier, Myriam avait consigné sur une cinquantaine de pages des anecdotes pour se souvenir de ce qu’ils avaient vécu”, explique Philippe Lobjois. Des souvenirs que le journaliste a enrichi avec la jeune Aleppine en l’interrogeant sur des évènements importants, comme la chute de la citadelle.

Myriam grandit à Jabal Saydé, aussi connu sous le nom de Cheikh Maqsoud, un quartier d’Alep-Ouest à majorité kurde. Originaire d’Arménie, la famille Rawick s’est installée en Syrie en 1915 après avoir fui le génocide en Turquie. Dans ses pages écrites en arabe, la fillette raconte les glaces à la rose, les mahallabieh, les brochettes au cumin… Un véritable “paradis de couleurs, d’odeurs, de saveurs”… jusqu’aux “évènements”. Au début, il s’agit de quelques manifestations à Damas, puis à Alep. Malgré les efforts de sa mère pour la préserver, elle aperçoit les images lorsque les adultes regardent la télévision. Les mines sont fermées, l’air inquiet.


26
Déc
2017
(Alep) “Le Journal de Myriam”, la guerre en Syrie à hauteur d’enfant

Mots-clefs : Mots-clefsAlep, Syrie
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Je retombe sur ce billet que j’aurais dû sortir cet été, sur le 2 poids 2 mesures à Alep

Source : France 24, Assiya Hamza, 07/06/2017

©️ DR Philippe Lobjois | Les rues dévastées de la ville d’Alep, en janvier 2017.

Texte par Assiya HAMZA
Myriam a grandi sous les bombes d’Alep en Syrie. Aujourd’hui âgée de 13 ans, elle publie, avec le journaliste Philippe Lobjois, “Le Journal de Myriam”, un témoignage inédit sur le huis clos de la guerre et une enfance déchirée.

Elle s’appelle Myriam, elle a 13 ans aujourd’hui. Comme de nombreuses petites filles de son âge, elle confie son quotidien à un journal intime. Comme de nombreuses petites filles de son âge, elle consigne tout, les rires, les pleurs, les anniversaires, les amitiés…. Myriam n’est pourtant pas tout à fait comme les autres, elle est syrienne. Son quotidien, ses souvenirs, ses émotions, tout ce qu’elle couche minutieusement sur le papier se noue dans un pays en guerre. Dans “Le Journal de Myriam”, publié aux éditions Fayard, Myriam Rawick raconte le chaos à Alep-Ouest, zone sous contrôle gouvernemental, en Syrie, de novembre 2011 à décembre 2016. Un témoignage inédit recueilli par le reporter de guerre Philippe Lobjois. En décembre 2016, il décide de se rendre en Syrie, pays qu’il ne connaît pas, pour comprendre cette guerre que personne ne raconte de l’intérieur. Il rencontre alors Myriam et sa mère Antonia à la congrégations des frères maristes bleus à Alep-Ouest, dans la zone sous contrôle gouvernemental.

À voir “Maintenant, je n’ai plus peur à Alep”

“Dans un petit cahier d’écolier, Myriam avait consigné sur une cinquantaine de pages des anecdotes pour se souvenir de ce qu’ils avaient vécu”, explique Philippe Lobjois. Des souvenirs que le journaliste a enrichi avec la jeune Aleppine en l’interrogeant sur des évènements importants, comme la chute de la citadelle.

Myriam grandit à Jabal Saydé, aussi connu sous le nom de Cheikh Maqsoud, un quartier d’Alep-Ouest à majorité kurde. Originaire d’Arménie, la famille Rawick s’est installée en Syrie en 1915 après avoir fui le génocide en Turquie. Dans ses pages écrites en arabe, la fillette raconte les glaces à la rose, les mahallabieh, les brochettes au cumin… Un véritable “paradis de couleurs, d’odeurs, de saveurs”… jusqu’aux “évènements”. Au début, il s’agit de quelques manifestations à Damas, puis à Alep. Malgré les efforts de sa mère pour la préserver, elle aperçoit les images lorsque les adultes regardent la télévision. Les mines sont fermées, l’air inquiet.

Les bons vs les méchants

Les semaines passent. Les manifestations se poursuivent mais à présent, elle entend des coups de feu. Myriam essaye de comprendre en écoutant “la dame des informations”. En vain. “Il y a ceux qui sont pour le président. Ceux qui sont contre. Ils s’affrontent dans tout le pays. Mais la télévision syrienne dit que ceux qui sont contre sont des musulmans dangereux payés par l’Arabie saoudite. Quand papa et maman changent de chaîne, on dit que les manifestants sont pacifiques et que c’est le gouvernement qui leur tape dessus. Je ne comprends rien”, écrit-elle. Les bons et les méchants. Des mots d’une simplicité déconcertante qui résument cependant bien la lecture manichéenne de ce conflit qui a fait aujourd’hui plus de 400 000 morts.

“En Occident, y compris dans les médias, dès le début de la guerre en 2011, on a considéré que Bachar al-Assad était le méchant et ceux d’en face, l’Armée syrienne libre (ASL) et les rebelles, étaient les gentils, analyse le reporter. On est alors en pleine période des printemps arabes et la France, comme les États-Unis, a décidé qu’il fallait que le président syrien dégage. Six ans après, il est toujours en place et une large partie de la population qui voulait son départ, même si elle aspire à davantage de libertés, ne veut surtout pas de ceux d’en face. L’idée était de donner la parole à des gens qu’on n’a jamais entendus, ceux du camp loyaliste”.


Alep, après sa libération, en janvier 2017

Au fil des pages, sans jamais parler de guerre, la petite fille évoque l’enlèvement de son oncle Fadi, les larmes, la tristesse, la “rançon” payée pour le faire libérer. Dans sa bouche d’enfant résonnent bientôt des mots d’adultes : kalachnikov, douchka, tirs, sniper, bombe, mortier… Myriam voit son quotidien changer. On l’accompagne à l’école, quand elle peut y aller. Un véritable crève-cœur pour cette élève modèle. Mois après mois, elle raconte les coupures d’électricité, d’eau, les prix des denrées alimentaires qui flambent, comme celui du gaz. Les journées passées dans la cage d’escalier de l’immeuble ou dans le sous-sol de l’école. Et puis il y a la peur. Celle qui lui donne mal au ventre et qui la fait vomir lorsque les premières explosions surviennent dans son quartier de Jabal Saydé. Parfois, aussi, quelques larmes. Mais jamais Myriam n’évoque ses émotions avec des mots crus. On se prend même à sourire en lisant les subterfuges psychologiques qu’elle échafaude pour vaincre la peur en courant sur la ligne de front, point de passage obligé pour rejoindre son quartier. “J’ai serré les lanières de mon cartable très fort. Je me suis dit que, s’il était bien accroché sur mon dos, je serais protégée des balles et des éclats”, écrit-elle.

La douleur de l’exil

En 2013, la famille de Myriam est contrainte à l’exil. Les “terroristes”, mot qu’elle emploie peu dans ces 295 pages, sont entrés dans son quartier. Ils portent “des masques noirs et des bandeaux blancs autour du front”. Il faut partir, tout laisser derrière soi. “[Avec Joëlle, ma petite sœur], nous avons dit au revoir à toutes nos poupées, regroupées dans une grande valise ouverte. Nous leur avons fait un gros bisou à toutes en leur disant qu’on espérait les revoir bientôt et qu’on ne les laisserait pas longtemps toutes seules”.

Myriam plonge le lecteur dans une réalité souvent ignorée : la partie ouest de la ville, pourtant loyale au président syrien, a elle aussi été assiégée. “Pendant 5 ans, on a cru que c’était les loyalistes qui assiégeaient Alep-Est, en fait c’était le contraire, souligne Philippe Lobjois. L’ASL et les islamistes, qui détenaient quasiment 70 % de la ville, assiégeaient ce minuscule quartier d’Alep-Ouest. C’est seulement à partir de juillet-août 2016 qu’il y a eu une inversion complète : les loyalistes, avec l’armée russe, ont commencé à bombarder tous les quartiers détenus par les rebelles et l’ASL. Là, c’était eux qui étaient assiégés. En Europe, personne n’avait vraiment compris ça”.

Lire la suite sur Les Crises

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Jeu 28 Déc - 1:14

Bonsoir mes frères & sœurs :rev:
Comme on a pu le voir hier dans l'article précédant, la réalité sur Alep est bien différente de ce qu'on avait pu voir dans les médias dominants. Ce qui est frappant aussi c'est de voir que la vie a repris ses droits, une vie ou les différentes croyances peuvent s’exprimer, ainsi avons-nous pu observer les chrétiens fêter noël ; Les chants de Noël résonnent à nouveau dans Alep , ce qui n'aurait pas été possible s les djihadistes auraient pris le pouvoir. Qu'on comprenne bien, cela n'implique pas que Daech, n'oublions pas que les sois disant rebelles quelque soient les groupes sont aussi des islamistes qui auraient instauré les lois coraniques. Nous allons à présent voir un autre mythe tombé et qui pourtant avait été aussi allégrement propagé par les médias, celui de l'impossibilité de maintenir El Assad pour vaincre Daech..
Akasha.


Les néocons ont du mal à faire leur deuil de leur rêve d’éliminer Bachar al-Assad



Chacun se souvient certainement que, pendant les premières années du conflit en Syrie, les appels à la destitution du président syrien, voire sa mise à mort, définissaient ce qui devait être un préalable au règlement de la crise.

Sur le terrain, les jours du régime syrien semblaient en effet comptés. Pourtant le régime et son armée (constituée essentiellement de conscrits) ont fait preuve d’une remarquable résilience, d’abord en adaptant leur stratégie à la réalité du rapport de forces puis en s’appuyant sur de solides alliances qui l’ont aidé à faire basculer la situation sur le terrain. Aux côtés de l’armée syrienne, on a vu intervenir le Hezbollah libanais, l’Iran et enfin la Russie. L’intervention russe a été décisive non seulement au plan militaire mais aussi au plan diplomatique en renvoyant au statut de chimère le souhait occidental d’une élimination du pouvoir en place à Damas.

Certains Occidentaux pensent cependant encore que leur projet initial de destruction du pouvoir syrien est seulement différé dans le temps comme on a pu le comprendre, et comme le président syrien l’a compris, des propos de M. Macron lors de son interview du 17 décembre avec Laurent Delahousse sur France 2. De fait, les Occidentaux continuent à s’exprimer publiquement comme s’ils étaient les principaux acteurs, voire les seuls, de la défaite de Daesh en Syrie.

La mythologie diplomatique occidentale veut en effet que le gouvernement syrien n’ait pas combattu le prétendu Etat Islamique voire même qu’il l’a parrainé.


C’est cette mythologie élaborée par des think-tanks essentiellement américains qui est dénoncée dans l’article que je vous propose. Ces think-tanks, tout en se parant de noms qui fleurent bon un académisme de bon aloi, produisent pourtant un savoir particulier en ce sens qu’il a pour but premier d’inciter des gouvernements à entreprendre certaines actions (belliqueuses) et qu’il ne s’appuie pas sur les méthodes et les travaux des chercheurs spécialisés dans les domaines de la science politique et des relations internationales.

Si on prête attention à cette tribune libre signée par deux universitaires, on comprend parfaitement que, au moins jusqu’à l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, les Etats Unis donnaient la priorité non à la lutte contre Daesh mais à celle contre le gouvernement syrien dont la défaite était le préalable à l’élimination de Daesh.

Tribune libre: Les experts avaient tort à propos d’Assad et de l’État islamique. Comme d’habitude, ils ne veulent pas l’admettre

Par Max Abrahms et John Glaser, The Los Angeles Times (USA) 10 décembre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri


L’Etat Islamique n’est plus que l’ombre de lui-même. En 2014, l’organisation extrémiste semblait avoir fait des avancées substantielles dans son projet avoué de constitution d’un Califat. Il comptait des dizaines de milliers de combattants et exerçait un contrôle sur un territoire à peu près aussi vaste que la Corée du Sud. Sous la plupart des aspects, l’Etat Islamique s’est effondré dans son bastion syrien ainsi qu’en Irak. Comme un ancien combattant étranger [de Daesh] le reconnaissait récemment, « C’est terminé ; il n’y a plus de Daesh. »

Le démantèlement de l’Etat Islamique doit choquer le chœur des journalistes et des experts qui ont passé des années à soutenir avec insistance qu’un tel résultat ne pourrait jamais être obtenu sans au préalable renverser le régime de Bachar Assad – qui est, bien sûr, toujours en place. Toute une troupe de faiseurs d’opinion ont pendant longtemps affirmé que l’Etat Islamique en Syrie allait prospérer en Syrie tant que Assad serait au pouvoir parce que l’Armée Arabe Syrienne faisait partie de la même maladie.

John Bolton, ancien ambassadeur auprès des Nations Unies sous George W. Bush, affirmait dans le New York Times que « défaire l’Etat Islamique » n’est « ni faisable ni souhaitable » si Assad reste au pouvoir. S’exprimant dans le Wall Street Journal, les Sénateurs John McCain et Lindsey Graham prétendaient que « défaire l’Etat Islamique impose aussi de vaincre Bachar Assad. » Kenneth Pollack de la Brookings Institution prescrivait une politique de « construction d’une nouvelle armée de l’opposition syrienne capable de vaincre à la fois le Président Bachar al-Assad et les islamistes les plus militants. » De la même manière, Max Boot, qui collabore au Los Angeles Times, soutenait que vaincre l’Etat Islamique était futile sauf si les Etats Unis agissaient aussi pour déposer le « régime alaouite à Damas ». Comme d’autres marchands de changement de régime, il argumentait en faveur d’une zone d’exclusion aérienne à travers le pays pour faciliter les frappes aériennes contre le régime Assad tout en renforçant l’aide aux soi-disant rebelles modérés.

D’éminents spécialistes de la Syrie avaient aussi prétendu que Assad soutenait, et même parrainait l’Etat Islamique. Michael Weiss de CNN déclarait qu’Assad et le président russe Vladimir Poutine ne combattraient pas l’État islamique et que la Syrie et la Russie étaient la «force aérienne non déclarée» de l’organisation terroriste. Son co-auteur, Hassan Hassan , affirmait que le régime syrien n’a jamais combattu [État islamique] auparavant. »

Pendant un moment, partout où l’on regardait, les médias colportaient le même discours. Le Daily Beast présentait les combattants de l’État Islamique comme des «sbires d’Assad». Le New York Times promouvait l’idée que les «forces d’Assad aidaient» l’État islamique en « non seulement évitant » l’organisation terroriste « mais en essayant activement de renforcer ses positions ». Time Magazine répétait comme un perroquet la ligne pro-changement de régime selon laquelle « Bachar Assad ne combattra pas l’Etat Islamique. »

Mais ces arguments en vogue ont été, pour dire les choses gentiment, réfutés empiriquement [dans les faits].

Le dossier en faveur d’un changement de régime à Damas rappelait celui concocté pour Bagdad en 2003 : les interventionnistes avaient joué sur les peurs des Américains en prétendant que les dirigeants irakiens étaient de mèche avec les djihadistes salafistes (la tendance ultra-conservatrice au sein de l’Islam sunnite). Les preuves qu’Assad parrainait l’Etat Islamique était à peu près aussi solide que celle démontrant que Saddam Hussein soutenait al Qaïda.

Comme l’a relevé le spécialiste de la Syrie Aymenn Jawad Al-Tamimi en février 2014, l’Etat islamique « a des antécédents de combat contre le régime sur plusieurs fronts, y compris la zone de Cheikh Saïd dans la province d’Alep, la base aérienne militaire de Kuweiris (où une offensive est en cours sous la direction du bataillon muhajireen Suqur al-Izz, en coordination avec le Bataillon Vert, l’État islamique et Jabhat al-Nusra, à Nubl et Zahara , la base aérienne de la brigade 17 dans la province de Raqqa, l’aéroport militaire de Tabqa, Qalamoun, à Sayyida Zainab, et Sakhna dans le désert de Homs, la région de Qamishli et la province de Lattaquié. En plus de ces lieux, il faut aussi se souvenir du rôle décisif [de l’État islamique] dans la prise de la base aérienne de Mannagh . «

L’idée que Assad « ne combattra pas l’Etat Islamique a toujours été fausse. L’idée que « défaire l’Etat Islamique impose aussi de vaincre Bachar Assad » était également fausse. Il devrait sembler évident aujourd’hui que l’Armée Arabe Syrienne a joué un rôle dans la dégradation de l’Etat Islamique en Syrie – pas seule évidemment, mais avec ses partenaires iranien et russe, sans même parler de l’impressionnante coalition emmenée par les Etats Unis. Contrairement aux attentes des experts, la disparition du groupe était inversement liée au pouvoir de Assad. La fortune de l’État islamique diminuait à mesure que son influence [du gouvernement syrien] sur le pays augmentait.

Tout aussi contraire aux prédictions des analystes, l’organisation terroriste a implosé juste après que le soutien extérieur aux rebelles « modérés » s’est tari. L’affaiblissement des rebelles a été un revers majeur pour l’État islamique, car Assad pouvait finalement concentrer sa puissance de feu l’organisation terroriste. En outre, moins d’envois d’armes sur le théâtre des opérations signifiait moins d’armes tombées entre les mains des djihadistes salafistes.

Il est donc étrange que nous n’ayons pas entendu ces nombreux experts reconnaître leurs erreurs; ils ne sont pas pressés de faire acte de contrition pour avoir presque forcé au lancement d’une autre mission de changement de régime basée sur la base d’analyses discréditées.

Feu le bon sens commun était non seulement en opposition avec le constat empirique, mais complètement détachée des apports de la science politique. À quelques exceptions près, les chercheurs en relations internationales ont semblé se contenter de rester en retrait et de regarder les experts des think tanks faire l’analyse quotidienne de la situation en Syrie tout en ignorant les drapeaux rouges qui parsèment le domaine de la recherche.

Certaines des meilleures recherches en sciences politiques au cours des deux dernières décennies ont montré que les militants sont moins susceptibles d’émerger en réponse à des griefs politiques que des conditions propices à leur organisation. Pour l’État islamique, le « modèle d’opportunité » du terrorisme était toujours un meilleur ajustement que le «modèle des revendications». Après tout, c’est une organisation qui s’est établie dans le désert, loin de l’armée syrienne; a attaqué des cibles faciles comme les Yazidis qui n’ont jamais opprimé la population sunnite; et a implanté des branches dans des pays connus non pour leur gouvernement anti-sunnite, mais pour l’absence d’un gouvernement qui fonctionne.

Comme en Irak, une décennie plus tôt, un changement de régime en Syrie aurait créé le vide absolu de pouvoir qui aurait permis à l’État islamique de prospérer.

En outre, l’idée qu’injecter des armes et des combattants en Syrie amènerait à une réduction des troubles en Syrie est en réalité en contradiction avec tout ce que la recherche a établi. La littérature sur les conflits montre clairement qu’un soutien extérieur à l’opposition tend à exacerber et à étendre les guerres civiles qui, habituellement, ne se résorbent pas par des accords e partage de pouvoir entre des parties combattantes égales mais quand un camp – en général celui qui est déjà au pouvoir – parvient à dominer.

Le paradigme réaliste nous rappelle que les Etats Unis n’ont pas besoin de partager la même idéologie qu’un acteur international détestable pour accepter de travailler avec lui contre un ennemi commun. Avec sa sensibilité aux dépenses financières excessives et aux retours de bâton, le Réalisme souligne aussi les dangers des interventions militaires pour mettre en place des gouvernements à à travers le monde.

Même si le califat de l’Etat Islamique n’est plus, la guerre de Assad contre les terroristes en Syrie continue. Espérons que les analyses à venir de ce conflit éviteront le genre de plaidoyers idéologiques anti-empiriques qui ont contribué à l’ascension d’al Qaïda en Irak et puis de l’Etat Islamique

Max Abrahms est professeur de sciences politiques à la Northeastern University et membre du Council on Foreign Relations. John Glaser est directeur des études de politique étrangère à l’Institut Cato.

source:https://mounadil.wordpress.com/


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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Sam 30 Déc - 0:45

Etat islamique : d’où viennent les armes utilisées par Daesh en Irak et en Syrie ?



L’organisation britannique «Conflict Armament Research» a enquêté pendant trois ans sur cette question dans les territoires contrôlés par l’organisation. Elle a examiné plus de 40.000 pièces d’armement.



Dans son rapport publié mi-décembre, une conclusion : 90 % des armes et des munitions proviennent de stocks fabriqués en Chine – plus de 43 % rien que pour ce pays – ou dans des pays de l’ancien bloc soviétique: de Roumanie, de Russie, de Hongrie, de Bulgarie ou encore de Serbie.

L’organisation terroriste a aussi récupéré des matériels fournis par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite à des groupes rebelles syriens, via des trafics ou des butins de guerre. Le groupe Etat islamique a toujours affirmé que la majeure partie de son armement venait des arsenaux irakiens et syriens.

<<<SOURCE<<<

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Sam 30 Déc - 18:28

Bonsoir,
Il est toujours plaisant de constater que certains intellectuels ont tout compris et surtout, osent le dire.
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Syrie : Roland Dumas lâche une bombe !



Roland Dumas : les Anglais préparaient la guerre en Syrie deux ans avant ...



Roland Dumas nous révèle qui gouverne la France.

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Dim 31 Déc - 0:36


Tout n'est pas calme sur le front syrien : les États-Unis s'apprêtent à lancer une nouvelle guerre (SCF)

Tout n'est pas calme sur le front syrien : les États-Unis s'apprêtent à lancer une nouvelle guerre
Article originel : All Is Not Quiet on the Syrian Front: US to Launch Another War
Par Alex Gorka
Strategic Culture Foundation

Traduction SLT*




C'est un exemple classique de politique de volte-face. En novembre, les États-Unis ont promis à la Turquie de cesser d'armer les milices kurdes en Syrie après la mise en déroute de l'État islamique (EI). Brett McGurk, envoyé spécial du Président des Etats-Unis auprès de la Coalition mondiale pour la défaite de l'Etat islamique (EI), a expliqué qu'après les combats urbains à Raqqa, "des ajustements du niveau de soutien militaire" seraient apportés. "Nous avons dû donner du matériel - et c'est limité, extrêmement limité - tout cela était très transparent pour notre allié de l'OTAN, la Turquie", a-t-il déclaré lors d'un briefing spécial le 21 décembre. En juin, les États-Unis ont déclaré à la Turquie qu'ils reprendront les armes fournies aux milices kurdes des unités de protection du peuple (YPG) dans le nord de la Syrie après la défaite de l'État islamique (EI).


Mais des armes sophistiquées continueront d'être envoyées en Syrie en 2018, y compris des milliers de lance-roquettes antichars, de missiles thermiques et de lance-roquettes. La liste des armes et du matériel a été préparée par le Département de la Défense des Etats-Unis dans le cadre du budget de défense 2018 et signée par Trump le 12 décembre. Elle comprend plus de 300 véhicules non tactiques, 60 véhicules non standards et 30 engins de terrassement pour aider à la construction d'avant-postes ou d'aires de transit des opérations. Le projet de loi sur les dépenses militaires étatsuniennes pour 2018 ("Justification for FY 2018 Overseas Contingency Operations / Counter-Islamic State of Iraq and Syria Train and Equip Fund") prévoit la fourniture d'armes d'une valeur de 393 millions de dollars à des partenaires étatsuniens en Syrie. Dans l'ensemble, 500 millions de dollars, soit environ 70 millions de dollars de plus que l'an dernier, doivent être dépensés pour répondre aux besoins de la Syrie en matière de trains et d'équipement. Les partenaires sont les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes. Les YPG - le groupe qui est une préoccupation majeure de la Turquie - est l'épine dorsale de cette force.

Le budget ne fait pas référence aux Forces démocratiques syriennes (FDS) mais dit plutôt à "l'Opposition syrienne validée". Selon la liste budgétaire, il y a 25 000 forces de l'opposition soutenues dans le cadre du programme de formation et d'équipement en Syrie. Ce nombre devrait passer à 30 000 en 2018. L'armement des militants kurdes avec des roquettes antichar est un sujet sensible en raison de la dépendance de la Turquie à l'égard de ses chars blindés Léopard dans le nord de la Syrie.

Talal Sillo, un ancien commandant de haut rang et porte-parole des FDS soutenues par les États-Unis, qui a quitté le groupe le mois dernier pour se rendre en Turquie, a divulgué des détails sur l'armement du groupe kurde par les États-Unis.

La liste ne détaille pas quels groupes syriens sélectionnés recevront certains équipements. Dans le nord de la Syrie, il y a les FDS, y compris les YPG, et la Syria Arab Coalition - un groupe de combattants arabes incorporés dans les FDS. Les groupes Maghawir al-Thawra et Shohada al-Quartayn opèrent dans le sud-est de la Syrie. Ils sont formés par des instructeurs étatsuniens et britanniques au poste frontière d'al-Tanf entre la Syrie et l'Irak.

Outre les FDS et les groupes formés à al-Tanf, les États-Unis sont en train de créer la Nouvelle armée syrienne pour combattre les forces du gouvernement syrien. La formation a lieu dans le camp de réfugiés syrien de Hasakah, situé à 70 kilomètres de la frontière turque et à 50 kilomètres de la frontière irakienne.

Environ 40 groupes d'opposition syriens ont refusé de participer à la conférence de Sochi sur la Syrie prévue en janvier. Ils ont déclaré que Moscou, qui organise la conférence, cherchait à contourner le processus de paix de Genève basé sur les Nations Unies, bien que l'envoyé de l'ONU en Syrie, Staffan de Mistura, ait déclaré que le projet russe de convoquer le congrès devrait être évalué par sa capacité à contribuer et à soutenir les pourparlers de Genève dirigés par l'ONU sur la fin de la guerre en Syrie. Si les combats commencent, ces groupes sont susceptibles de rejoindre les formations créées par les Etats-Unis.

Ainsi, non seulement les États-Unis maintiennent leur présence militaire illégale en Syrie et créent de nouvelles forces pour lutter contre le gouvernement syrien, mais ils semblent se préparer à une nouvelle guerre après la défaite de l'État islamique. La poursuite de l'armement et de la formation des milices kurdes n'améliorera guère les relations de Washington avec Ankara, alors que le fait de dire une chose et d'en faire une autre porte atteinte à la crédibilité des États-Unis en tant que partenaires.

* avec DeepL.com

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mar 2 Jan - 0:43

Bonsoir mes frères & sœurs :rev:
Voici un article édifiant qui nous propose de découvrir plusieurs faisceaux de preuves montrant comment les Etats-Unis auraient créé l'Ei et Al Qaida. Si on ne peut raisonnablement présenter les choses comme preuve définitive, cela n'en reste pas moins de très bonne pistes pour nous amener à une vue plus large des événements aux moyens orient !
Akasha.


[Vidéos] Oui, Obama et Clinton ont créé l’EI. Dommage que Trump ne sache pas expliquer comment



C’est un fait historique que les États-Unis et l’Arabie Saoudite ont créé, il y a presque quatre décennies, le réseau djihadiste international dont Al-Quaïda et l’Etat islamique (EI) sont des émanations.



Donald Trump a fait marche arrière suite à son affirmation que le Président Obama et Hillary Clinton sont « les fondateurs » de l’Etat islamique (EI), ou en sont « les personnages les plus valeureux » pour l’EI. « Évidemment, je suis sarcastique, » a déclaré Trump – ajoutant ensuite « mais pas tant sarcastique que cela pour être honnête avec vous. »

Trump ne peut pas préciser ou saisir entièrement la vérité terrifiante de sa déclaration parce que cela exigerait beaucoup plus une mise en accusation plus approfondie et étayée de la politique impériale étatsunienne dans le monde musulman remontant à 1979, quand Zbigniew Brzezinski a convaincu le Président Jimmy Carter de lâcher « les chiens djihadistes » en Afghanistan.

Comme l’a exposé dans son mémoire « De l’Ombre » (« From the Shadow »), Brzezinski a conseillé à Carter d’aider la résistance musulmane de droite face au gouvernement gauchiste et laïc en Afghanistan pour « inciter une intervention militaire soviétique » et impliquer ainsi l’URSS dans un bourbier semblable à celui du Viêt-Nam. Brzezinski a vu les prétendus Mujahadeen comme les fantassins potentiels de la politique mondiale étatsunienne. « Qu’est-ce qui est le plus important pour l’histoire du monde ? Les Talibans ou l’écroulement de l’empire soviétique ? Certains ont provoqué les Musulmans ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? » a demandé Brzezinski des décennies plus tard, sur un plan rhétorique.

Ayant agi conformément au conseil de Brzezinski, le Président Carter peut précisément être décrit comme « le créateur » d’Al-Quaïda, avec son camarade « le plus de valeureux » Ronald Reagan, dont la C.I.A. a établi un partenariat avec l’Arabie Saoudite pour dépenser des milliards pour impliqer les Musulmans dans le monde entier dans la guerre d’Afghanistan. Ensemble, les États-Unis et les Saoudiens ont donné naissance au mouvement djihadiste islamique international – un phénomène qui n’avait pas précédemment existé dans l’histoire mondiale. Les djihadistes vont devenir une arme essentielle dans l’arsenal impérial étatsunien, une arme horrible au service de l’organisation de changements de régime au sein du monde musulman qui a aussi été doublement utilisée pour assurer la domination mondiale des Etatsuniens, maintenant que les méchants soviétiques ont été défaits.


« En 2011, Obama a lancé la mère de toutes les guerres par procuration (Proxy Wars). »

Brzezinski est devenu le gourou de la politique étrangère de Barack Obama, avec des conséquences prévisibles pour la politique étatsunienne au Moyen-Orient, mais qui ont été en grande partie ignorées par des libéraux et des prétendus progressistes dans l’euphorie du départ de George W. Bush.


Clairement, le public étatsunien ne tolérerait pas un autre épisode d’intervention massive et directe des troupes U.S dans la région; ce n’était donc plus une option. Mais quelle force, alors, était disponible pour exécuter l’agenda inachevé de Washington pour la conquête de cette partie du monde ? En 2011, Obama [Sarkozy l’a entraîné dans la guerre, Ndlr] a lancé la mère de toutes les guerres par procuration, d’abord contre le gouvernement de Muammar Kadhafi en Libye, mobilisant alors vite la totalité du réseau djihadiste international qui avait été créé sous Carter et Reagan presque 30 ans auparavant. Washington et ses partenaires de l’OTAN (France, Grande-Bretagne, NdT) partenaires dans l’agression de la Libye, en lien étroit avec l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, ont transformé la Syrie en chaudron de mort, investissant des milliards de dollars dans des armes livrées à des centaines de miliciens mercenaires salafistes, avec leur filiale régionale d’Al-Quaïda : Al-Nosra. C’était l’idée d’Obama, celle d’une guerre « intelligente » : une offensive de terreur frénétique masquée par des mensonges et une mystification.


Citation :
Dans cette vidéo, Hilary Clinton admet que le gouvernement américain a créé et financé Al-Qaïda pour combattre l'Union soviétique, et elle considère même que c'est une bonne chose. Mais elle prétend que les Américains se battent contre Al-Qaïda de nos jours. Si vous vous battez vraiment contre Al-Qaïda, alors qui sont les voyous et les terroristes que vous avez utilisés pour renverser le gouvernement de Kadhafi en Libye. . Les médias américains décrivent "Aldel Hakim Belhaj" comme un x-terroriste ou un x-jihadiste. Comme c'est drôle et hypocrite! Son cerveau s'est-il développé soudainement? ou quelles sont les marques qui ont fait de lui un x-Jihadiste? Il n' y a qu'une seule raison: l'Américain avait besoin de lui, alors ils ont blanchi sa page et il est soudain devenu x-Jihadiste. Attendez quelques années pour le revoir en tant que djihadiste actif lorsque les Américains n'ont pas besoin de ses services. Al-Qaïda n' a pas quitté le lit du gouvernement américain. Revoyons l'histoire et voyons si les actes d'Al-Qaïda n'ont servi qu' à la politique étrangère des États-Unis. Les terroristes d'Al-Qaïda sont des combattants polyvalents qui sont utilisés efficacement par le gouvernement américain. . Vous voulez savoir qui est le père d'Al-Qaïda: Regardez ça: https://www.youtube.com/watch?v=BLm_1FIQM4c

La politique étrangère criminelle poursuivie par Obama et la secrétaire d’État Hillary Clinton est enracinée dans la même vision arrogante du monde soutenue par Brzezinski quand il a raillé ceux qui se sont tourmentés par le risque de représailles qui pourrait résulter du déploiement de « certains Musulmans extrêmistes » comme fantassins de l’impérialisme US. Comme les États-Unis et ses alliés ont littéralement rivalisé pour inonder la Syrie avec des armes, des fonds, des ressources d’intelligence et une couverture diplomatique et médiatique pour renverser le gouvernement de Damas, ils ont collectivement créé la base matérielle et l’espace politique des djihadistes leur permettant de poursuivre leurs propres objectifs idéologiques. L’Etat islamique est apparu, à ce moment pour établir un califat à part en Syrie et en Irak. Ceci pourtant grandement prévisible.

« C’était l’idée d’Obama, celle d’une guerre ‘intelligente’ : une offensive de terreur frénétique masquée par les mensonges et la mystification. »
Retour en juillet 2014, nous avons décrit à Black Agenda Report l’ascension de l’EI en signalant « l‘écroulement final de la stratégie impériale étatsunienne dans le monde musulman – notamment, dans les régions arabes de l’Islam. » nous avons écrit :

« Pensez-y comme une déclaration d’indépendance salafiste … des monarchies arabes et des services de renseignements occidentaux qui ont élevé et nourri le réseau djihadiste international pendant presque deux générations. Le Califat menace, non seulement ses adversaires immédiats dans les gouvernements dominés par les Chiites de Syrie et d’Irak, mais les potentats des Émirats arabes, du Qatar, du Koweït et la mère de toute la corruption monarchiste dans le centre sunnite arabe, la famille royale saoudienne. La menace est à prendre au sens propre contre « tous les Émirats, les groupes, les Etats et les organisations qui ne reconnaissent pas l’EI dans sa nouvelle forme en tant qu’incarnation de l’Islam en guerre. »

L’EI n’existait pas quand le Président Obama est entré en fonction et a placé Hillary Clinton à la tête du ministère des Affaires étrangères. Leur changement de régime en Libye et le pivot massif, terroriste en Syrie « a créé » l’EI. Et insistons sur ce point de l’histoire : les États-Unis n’ont pas rejeté le culte mortel djihadiste qui est devenu l’EI; en fait l’EI a plutôt divorcé avec les alliés des États-Unis et leurs alliés des monarchies du Golfe. Pourtant, il a fallu attendre l’intervention russe en Syrie en septembre de l’année dernière pour pousser Washington à effectuer plus que des assauts aériens symboliques contre l’EI. Apparemment, les États-Unis veulent éviter de tuer trop de combattants de l’EI, dans l’espoir que beaucoup d’entre eux rejoindront les djihadistes quand cela devient trop dangereux pour eux. (Al-Nosra a changé son nom et a renié son affiliation à Al Quaïda – avec la bénédiction du leadership d’Al Quaïda au Pakistan – afin de mieux s’harmoniser avec les autres panoplies djihadistes occidentales.)
» Les services de renseignement militaire étatsuniens ont clairement prédit l’arrivée imminente de l’Etat islamique (EI) »

Vous n’avez pas besoin de prendre au pied de la lettre les mots de Donald Trump, qu’Obama et Clinton ont été « les personnages les plus valeureux » pour l’EI. Le service de renseignement de la Défense militaire des États-Unis (DIA) est parvenu presqu’à la même conclusion, en 2012. Un rapport militaire, déclassifié l’année dernière, a montré que le DIA avait averti que « les pays occidentaux, du Golfe et la Turquie qui soutiennent l’opposition [syrienne] » croit à « la possibilité d’établir une principauté salafiste déclarée ou non déclarée en Syrie orientale (Hasaka et Der Zor) et c’est exactement ce que les pouvoirs de soutien à l’opposition veulent, pour isoler le régime syrien. »

« ... la détérioration de la situation a des conséquences sinistres sur la situation irakienne qui sont les suivantes :

« Cela a créé la situation idéale pour AI-Quaïda [en Irak], qui est devenu l’EI pour retourner à ses vieilles bases à Mosul et Ramadi et fournir un élan renouvelé sous la présomption d’unifier le jihad parmi les Sunnites d’Irak et de Syrie et le reste des Sunnites dans le monde arabe contre ce qu’ils considèrent comme leur ennemi, les dissidents [les Musulmans chiites]. L’EI pourrait aussi déclarer un État Islamique par son union avec d’autres organisations terroristes en Irak et en Syrie, qui créera un danger grave quant à l’unité de l’Irak et la protection de son territoire. »


Ainsi, une année après qu’Obama et ses amis européens et arabes ont abattu Kadhafi en Libye et ont changé de guerre par procuration pour favoriser un changement de régime en Syrie, l’intelligencemilitaire étatsunienne a perçu clairement l’ascension imminente de l’EI – en signifiant que « c’est exactement » ce que « l’Occident, les pays de Golfe et la Turquie … veulent, pour isoler le régime syrien. »

Lire également :

– AFP 11.08.16 Les militaires américains ont « manipulé » des renseignements sur l’EI, accuse un rapport (AFP)

– Free Thought Project 02.11.15 Corporate Media Blacks Out Pentagon Report that Exposes U.S. Role in the Creation of ISIS (L’industrie des médias censure le rapport qui révèle le rôle des États-Unis dans la création de l’EI )

– Medium 18.08.15 Selon des officiels US, l’État islamique est né du soutien étatsunien à al-Qaïda en Irak

– Levantreport 22.05.15 Selon un document de la Défense Intelligence Agency (DIA) : l’Occident facilitera la montée de l’Etat islamique « afin d’isoler le régime syrien »

– Strategic Culture Fondation 05.07.15 État Islamique: créé à Langley par la CIA, soutenu par Tel Aviv et Riyad

– Ron Paul Institute 14.03.15 Wesley Clark: «L’EI a été fondé grâce au financement de nos alliés les plus proches»




Citation :
L'analyste militaire de Fox News, le général à la retraite McInerney, affirme que les États-Unis ont contribué à la construction d'ISIS et que certains de leurs bras provenaient de Benghazi. M. McInerney affirme que les États-Unis doivent éliminer les parties d'ISIS qui ne correspondent pas aux objectifs du gangster banquier. Fox News publiera vendredi un nouveau reportage spécial avec Brett Baier sur les origines d'ISIS.



Oui, Obama a créé l’EI, avec l’aide enthousiaste d’Hillary Clinton et il soutient toujours le groupe Al-Nosra, ancienne filiale d’Al-Quaïda enfantée par Jimmy Carter et Zbigniew Brzezinski. Dans les années suivantes, les djihadistes sont devenus indispensables à la politique impériale étatsunienne, mais particulièrement depuis la défaite de George W Bush en Irak, qui a mécontenté le public étatsunien sur ces guerres « muettes » – ce qui signifie pour Obama, des guerres dans lesquelles un grand nombre d’Etatsunien meurt. Les guerres par procuration sont idéales – « intelligentes » parce que seulement des Arabes et des Africains et les peuples – dont les Etatsuniens n’ont jamais entendu parler – meurent. La Libye n’était pas même une guerre, selon Obama, puisqu’aucun personnel étatsunien n’a péri.


Citation :
L'un des hommes clés américains en Syrie, le colonel "armée syrienne libre" (FSA) Col. Abdel Jabbar al-Okaidi, qui opérait principalement dans la région du Grand Alep, a parlé ouvertement de sa communication quotidienne et de sa collaboration avec les djihadistes extrémistes de "l'État islamique d'Irak et du Levant" (ISIL) et de la branche officielle d'Al-Qaïda en Syrie, Jabhat al-Nusra. Il appelle leurs combattants des frères. Après la capture par les rebelles de la base aérienne militaire de Menagh, il est même apparu debout à côté d'un djihadiste égyptien de l'ISIL, Abu Jandal, tout en le remerciant, lui et son groupe, pour leurs contributions. On sait que les États-Unis ont acheminé l'aide militaire à Al-Okaidi et à d'autres membres de la FSA au cours des deux dernières années.

*Courtoisie de la chaîne Eretz Zen, que nous sommes reconnaissants de fournir ceci à la vue du public*




« Les djihadistes sont devenus indispensables à la politique impériale étatsunienne. »

La réalité des rapports entre l’EI et l’administration Obama est si évidente que même Donald Trump a une idée brumeuse de ce qui est arrivé en Syrie et en Libye. Cependant, ce milliardaire nationaliste arrogant est incapable de faire la connexion Obama/Clinton/EI en la plaçant dans son contexte historique lié à la politique impériale étatsunienne. Tristement, la plupart des « libéraux » et beaucoup trop « de progressistes » (incluant des afro-étatsuniens) sont affectés par la même maladie que Trump : un chauvinisme impérialiste extrême – qui est pratiquement inséparable du suprematisme blanc. Le chauvinisme impérialiste extrême permet aux Etatsuniens d’envoyer à la Maison Blanche des gens qui devraient, au lieu de cela, être envoyés à la potence ou devant un peloton d’exécution (après un procès, bien sûr). Il permet aux Etatsuniens qui prétendent « avoir été laissés de côté » de reculer avec horreur devant Donald Trump (qui n’a tué personne à ce que nous sachons et qui dit qu’il ne s’engagera pas dans les changements de régime en tant que président), pourtant ils voteront pour une femme dont la carrière est marquée par le sang de centaines de milliers de personnes au Moyen-Orient et au nord de l’Afrique et dont le mari a soutenu un génocide qui a tué six millions de personnes en République démocratique du Congo.





Un candidat, Trump, ressemble le plus au dernier gouverneur de l’Alabama, George Wallace, qui envisage des aménagements de la politique étrangère. L’autre, Clinton, est une maniaque des génocides, dont les crimes en tant que Présidente pourraient atteindre une échelle hitlérienne.

Ce qui est beaucoup plus effrayant que Clinton ou Trump, c’est que les Etatsuniens semblent n’avoir aucune aversion viscérale des génocides (des peuples de couleur). Mais, à moins que vous ne soyez concerné, le génocide (des populations du « Sud », NdT) n’est pas même une question qui est abordé lors des élections présidentielles.





Citation :
Dans cet épisode de Truth in Media, Ben Swann explore l'origine d'ISIS qui a déjà été longtemps oubliée par les médias américains. Swann se penche sur la question centrale de savoir si ISIS a été créé par "l'inaction" du gouvernement des États-Unis ou par une action "directe".
Yes, Obama and Clinton Created ISIS – Too Bad Trump Can’t Explain How It Happened
Il est un fait historique que les États-Unis et l'Arabie saoudite ont créé le réseau djihadiste international dont sont issus Al-Qaida et ISIS, il y a près de quarante ans.

>>>Source<<<

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Sam 6 Jan - 0:45

Bonsoir mes frères & sœurs I love you
Encore une petite piqure de rappel pour ceux qui on oser prétendre que il n'y avait plus de embargo pour la livraison d'arme, mais l'article oublie par-contre de rappeler que la livraison a bien eu lieu comme mes article précédent le stipule, et le deuxième articles que je vous proposes ce soir, va encore plus loin, bonne lecture.
Akasha.


Livraison d’armes aux rebelles syriens: la France fait machine arrière



Les ministres des Affaires étrangères européens se réunissent ce lundi 22 avril 2013 au Luxembourg. Au menu des discussions, il y aura donc la situation en Syrie. La France et le Royaume-Uni espéraient jusqu’à présent convaincre les autres pays européens de lever l’embargo sur la livraison d’armes à la rébellion. Mais la situation a changé. Il y a deux semaines, le Front al-Nosra, un groupe rebelle syrien, a prêté allégeance à al-Qaïda. Pour Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, il y aurait désormais autant d’avantages que d’inconvénients à armer la rébellion syrienne.


Après avoir progressivement accru son engagement aux côtés de l’opposition syrienne, Paris a finalement décidé de jouer la carte de la prudence. Dans le dossier syrien, il n’est plus question de faire cavalier seul comme l’avait envisagé François Hollande, en mars 2013. Le président français et le Premier ministre britannique avaient demandé à leurs partenaires européens de lever l’embargo, mais n’avaient pas exclu d’agir sans leur consentement et de fournir des armes à la rébellion.

Finalement, les autorités françaises se sont ravisées. L’allégeance du Front al-Nosra à al-Qaïda semble avoir refroidi les ardeurs françaises. Le Quai d’Orsay juge désormais trop important le risque de voir ces armes finir entre les mains de mouvements extrémistes. « Sur la Syrie, je ne peux pas dissimuler ma grande inquiétude, parce qu'il n'y a pas de bonne solution », a affirmé Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères.

« Faire bouger la situation politiquement »

Lire la suite : ICI

Mais seulement : La France a fourni des armes aux islamistes syriens dès 2012, avoue François Hollande dans un livre

Et ça va encore plus loin que ça :

Comment le FAMAS est devenu une des armes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant



Drôle d’épopée que celle du fusil d’assaut français FAMAS F1 en Irak et en Syrie! Qui aurait cru un jour que ce bullpup ayant équipé en dotation standard l’armée française durant des années allait se retrouverait un jour en Irak et en Syrie aux mains de quelques “révolutionnaires” syriens et de terroristes de l’armée de l’organisation connue sous le nom de l’Etat Islamique?

La présidence française actuelle a osé faire que que aucun gouvernement français ni autre intermédiaire dans le florissant commerce des armes n’a osé imaginer: transformer le FAMAS en une arme de terroriste!


Officiellement, il n’a jamais été question de livraison d’armes aux rebelles du Moyen-Orient. C’était à peine si on murmurait entre Londres et Paris que c’était juste quelques armes (babioles) non létales comme un ou deux gilets pare-balles…Et pourtant!

L’Angleterre n’osa pas livrer ses SA80. Même pas les plus anciennes versions de ce fusil. Il est vrai que son usage n’est pas du tout populaire et encore moins commode. La France, dans un élan de solidarité sans précédant avec les rebelles dans le monde Arabe est allé jusqu’à vendre la première version de son fusil FAMAS aux rebelles et aux terroristes de l’Etat Islamique. En petites quantités il est vrai, moins de 600 unités selon des indiscrétions. Mais la symbolique est grande.

Il fut une période où tous les révolutionnaires de la planètes arboraient le fameux Kalashnikov AK-47. Trois décennies plus tard, des révoltes du monde arabe aboutissent à deux conflits internationaux dans lesquels des rebelles sont soutenus par une seule puissance hégémonique. En Libye, les FN FAL, les G3 et les G36 remplacent l’AK-47 comme arme de révolutionnaires! Cela a donné lieu à de nombreuses critiques quant à l’implication trop flagrante de pays de l’Otan aux côtés des rebelles. Chose que l’on a voulu évité en Syrie où l’ensemble des armes livrées par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne aux rebelles syriens est demeuré jusqu’à fin 2013 issu des stocks des anciens pays de l’Europe de l’Est ou bien des arsenaux libyens livrés aux quatre vents.

Puis vint le temps du doute cartésien. Al-Assad était fort de l’appui et surtout de la cohésion de son armée et de ses alliances stratégiques. Les rebelles subissaient défaite sur défaite. L’armée syrienne libre, l’un des groupes rebelles que l’Occident considère à tort comme laïc, était minée par les dissensions internes et la corruption au point où on évoquait ouvertement sa disparition. C’est à ce moment que certains pays d’Europe, tentant de faire quelques rentrées d’argent en ces temps de vaches maigres allèrent jusqu’à brader des stocks entiers de vieilles variantes d’armes de guerres issues de leurs arsenaux nationaux.

En décembre 2013, une unité de l’armée régulière syrienne prend d’assaut une localité tenue par trois groupes de la rébellion syrienne après que ces derniers aient subi pendant des jours un bombardement aérien en règle.

Lors de leur avancée dans le fief rebelle, des soldats syriens rapportèrent avoir entendu un bruit d’arme automatique assez particulier et inhabituel émanant des positions rebelles. Un officier a même consigné dans son rapport radio un possible usage par les rebelles dans cette zone de fusils d’assaut autrichiens Steyr AUG. Ce dernier a été utilisée dès 2012 par les unités d’élite de la rébellion.

Mais le bruit n’était pas identique. A la fin des combat, un soldat découvrit la dépouille de ce qui paraissait être un chef de groupe rebelle et à ses côté un fusil d’assaut comportant des inscriptions en français. C’était un Famas F1. Dans un très mauvais état.

Avec le temps, l’exploitation de rapports rebelles capturées par les renseignements de l’armée de l’air syrienne révéla que entre autres que les unités de FAMAS F1 livrées par la France n’ont pas rencontré un grand succès parmi les rebelles. Certains de ces derniers avaient eu pas mal de difficultés à trouver des munitions adaptées à cette arme. De plus l’arme est irréparable en cas de casse. Enfin d »autres firent état de difficultés techniques et deux cas d’explosion soudaine de l’arme en plein usage ont été mentionnées.

Cela n’empêchera pas la vente de cette arme au design particulier aux radicaux de l’Etat Islamqique dont certains connaissent bien ce bullpup pour en avoir pillé quelques spécimens dans les magasins d’une unité spéciale de la brigade de lutte anti-terroriste irakienne.

Porté par un idéal socialiste d’une acception particulière, Hollande a t-il rêvé de voir le FAMAS devenir l’arme des révolutionnaires?

Quoi qu’il en soit, trois FAMAS sont apparus dans des vidéos entre les mains d’éminents chefs de l’organisation l’Etat Islamique en Irak et au Levant, laquelle subit actuellement les foudres de l’aviation américaine au Nord de l’Irak…



Source : Strategika 51

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Dim 14 Jan - 20:19

Majed Nehmé: “Pourquoi nous avons été mis sur la liste noire des médias français”



aujourd’hui contre l’agression de la France et de ses alliés. Du coup, le rédacteur en chef d’Afrique-Asie a été boycotté par les grands médias français et son propre journal a dû mettre la clé sous la porte, harcelé par le gouvernement. Journaliste professionnel, il accuse avec force : « Le Monde, on le dit de gauche mais c’est du néoconservatisme, il n’y a plus de journalisme dans ce quotidien. » Majed Nehmé expose aussi les vrais enjeux de cette guerre, révélant le rôle stratégique de la Syrie au Proche et au Moyen-Orient. « La France ne peut ‘exporter la démocratie’ avec des barbus, des assassins, des égorgeurs d’enfants », c’est se moquer des gens. »



Investig'Action

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Ven 19 Jan - 19:58

La dérive illégale de la mission syrienne de Trump, par Paul R. Pillar

Source : Paul R. Pillar, Consortium News, 13-12-2017

Alors même que le « califat » de l’État islamique en Syrie s’effondre, le gouvernement des États-Unis maintient environ 2 000 soldats dans le pays malgré l’absence de toute légitimité, comme l’explique l’ex-analyste de la CIA Paul R. Pillar.

L’autre jour, nous avons appris qu’il y a quatre fois plus de soldats américains en Syrie que ce que n’importe quel autre chiffre officiel ne l’avait admis. L’écart n’a pas beaucoup retenu l’attention du public, peut-être parce que les effectifs sont faibles par rapport à d’autres déploiements militaires américains : environ 2 000 soldats en Syrie, le chiffre officiel antérieur étant de 500.


Le secrétaire à la Défense Jim Mattis rencontre les troupes stationnées à la base aérienne d’Al Oudid, Qatar, le 21 avril 2017. (Photo du sergent Brigitte N. Brantley, technicienne de la Force aérienne)


De toute évidence, le décompte incomplet n’avait pas tenu compte du personnel affecté à des affectations de courte durée et de certaines autres missions délicates. Un porte-parole du Pentagone a déclaré que la publication de la nouvelle configuration plus complète fait partie d’un effort du secrétaire à la Défense James Mattis pour être plus transparent.

Moins transparente que les nouvelles données sur le nombre de soldats américains, est la raison pour laquelle ces troupes restent en Syrie. La seule raison incontestable du déploiement en Syrie a été de combattre ce qu’on appelle l’État islamique, qui est un acteur non étatique non conventionnel, mais qui a défini des cibles militaires conventionnelles lorsqu’il a créé une entité de type étatique occupant un territoire important en Syrie et en Irak.

Le mini-état islamique est maintenant pratiquement éliminé. Néanmoins, la présence militaire américaine en Syrie, bien qu’en baisse par rapport à son point culminant, ne semble pas vouloir prendre fin. Mattis a dit que les États-Unis « ne vont pas simplement abandonner » leurs efforts en Syrie.

Des signes d’une dérive de la mission

Les États-Unis montrent un détournement de la mission en Syrie, avec des nouvelles raisons invoquées pour remplacer la mission de combat armé contre le califat de l’EI. Il y a des modèles familiers sous cette perversion de la mission, qui se sont déjà trouvés derrière d’autres expéditions militaires. Donald Trump n’est pas à l’origine de ces conceptions, mais son administration les a adoptées.

Le commentaire de Mattis sur le fait de ne pas abandonner un terrain où les États-unis se sont déjà impliqués, démontre une de ces habitudes de pensée des Américains, qui est de croire que les États-Unis sont mieux équipés, et doivent être plus responsables, pour ramener le droit dans n’importe quel pays dans la tourmente, et dans lesquels les États-Unis ont bien plus qu’un intérêt passager. Pour y croire au sujet de la Syrie, il faut aller plus loin que la mission contre l’EI et de la pacification et même de quelques éléments de reconstruction du pays.

D’autres modèles de conception sur le cas Syrien comporte l’amnésie des expériences récentes appropriées et des leçons qui auraient dû en être tirées, mais bien sûr cela n’a pas été le cas. Les attitudes des américains envers l’EI, le régime syrien et les alliés russes et iraniens, y sont impliquées.

La perspective américaine dominante envers le contre-terrorisme, et aussi envers l’EI, a été lourdement militarisée, inhérente à la notion de « guerre contre la terreur ». L’usage de l’instrument militaire a été appropriée dans la mesure ou l’EI, en tant que mini-état, présentait des cibles militaires. Mais l’EI qui existe plus sur un mouvement idéologique et clandestin, ne présente plus à présent ces cibles militaires. Les instruments de contre-terrorisme non militaires sont à présent relativement plus importants.

Trop souvent oublié, c’est à quel point la guerre en soi, et spécialement l’épisode de la guerre civile en Syrie, fut une aubaine pour l’EI. Aussi trop souvent sont oubliés à quel point les victimes humaines collatérales, et les destructions qui sont presque inévitables sont des sous-produits de l’action militaire américaine dans des conflits compliqués qui tendent à aggraver, plutôt qu’à réduire l’extrémisme anti-US, y compris l’extrémisme qui prend la forme de terrorisme international.

Rêves de « changements de régime »

Une conception habituelle sur l’EI fut que Assad devait être renversé si il n’y avait aucun espoir de détruire l’EI. Max Abrahms et John Glaser cataloguent les nombreuses répétitions, proclamées sur les deux dernières années sur le thème que la victoire sur l’EI passerait par la défaite d’Assad. La situation actuelle avec le califat de l’EI qui disparaît alors que Assad reste installé à Damas, démontre à quel point cet argument était faux.


Le président syrien Bachar al-Assad devant une photo de son père, Hafez al-Assad.
[color]

Beaucoup de ceux qui proposent cet argument sont parmi ceux qui encouragent à présent le continuation et l’expansion de l’expédition militaire américaine en Syrie sans reconnaître à quel point leurs déclarations précédentes étaient erronées. Cela démontre à nouveau le peu de responsabilité sur des analyses politiques défaillantes parmi la classe des décideurs à Washington.

Le rêve de la chute d’Assad ne s’éteint pas, même si, avec le soutien de ses amis, il ne semble pas qu’il s’en aille dans un futur proche. La persistance de ce rêve implique plus d’amnésie, sur au moins deux aspects. L’un est l’oubli des conséquences des précédentes tentatives des États-Unis, ou soutenues par les États-Unis, pour un changement de régime dans la région. Cela comporte l’invasion de l’Irak en 2003, qui a donné naissance à un groupe que l’on a connu plus tard sous le nom de EI, et le chaos provoqué par le renversement de Kadhafi en Libye.

Il y a aussi semble-t-il un oubli sur la longue durée au pouvoir des Assad – comprenant le père Hafez, qui détruisait l’opposition interne aussi brutalement que son fils Bachar, 47 ans au pouvoir, pour être exact. Quiconque discute cette continuité au pouvoir de Bachar al-Assad comme intolérable, doit répondre à cette question « pourquoi maintenant ? » et expliquer comment le monde et les intérêts américains ont réussis à survivre aux Assad presque 50 ans.

Quant aux amis russes et iraniens de Bachar al-Assad, la perspective américaine dominante est l’hypothèse à somme nulle selon laquelle toute présence ou influence de l’Iran ou de la Russie est ipso facto mauvaise et contraire aux intérêts américains. Cette perspective ne fait aucun effort pour régler les aspects des actions russes ou iraniennes entrant en conflit avec les intérêts américains, les intérêts américains parallèles, ou sont sans rapport avec ces intérêts.

Cette absence de volonté persiste malgré l’exemple flagrant (pas seulement en Syrie, mais aussi en Irak et au-delà), de la lutte contre l’EI en tant qu’intérêt parallèle. S’ajoute à cette vision commune l’usage habituel de la métaphore trompeuse du vide, selon laquelle non seulement l’implication américaine, mais aussi l’implication physique et de préférence militaire pour remplir un espace est nécessaire pour contrer l’influence iranienne ou russe mal définie dans ce même espace.

Ces habitudes de penser, prises ensemble, ferment une voie de sortie de Syrie. Ils n’impliquent pas la fin de l’expédition militaire américaine. Ils empêchent de déclarer la victoire (c’est-à-dire une victoire militaire contre l’EI) et de rentrer chez soi. Vladimir Poutine, plus conscient que la plupart des experts américains du danger de rester indéfiniment coincé en Syrie, le fait maintenant.

Ainsi, la Syrie devient un endroit de plus, comme l’Afghanistan, où les États-Unis font la guerre à l’infini. Pendant ce temps, les Russes rappelleront à tout le monde qu’ils étaient là à l’invitation du gouvernement en place, ce qui n’est pas le cas des États-Unis. Les Turcs continueront de se fâcher contre la coopération tactique des États-Unis avec les Kurdes. Les extrémistes sunnites continueront d’exploiter à des fins de propagande et de recrutement tout dommage causé par les États-Unis ou leurs partenaires locaux. Et le Pentagone pourrait ou non nous dire combien de soldats américains sont là-bas.

Paul R. Pillar, au cours de ses 28 années à la Central Intelligence Agency, est devenu l’un des meilleurs analystes de l’agence.



Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.[/color]
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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mar 13 Fév - 4:34

Purée c'est Highlander ce mec ! pale Mais bon vu qu'ils savent où il est, qu'est-ce qu'ils attendent pour "le terminer" ou l'arrêter et le traduire en justice ? Je ne comprends pas le délire là ? scratch


Le calife de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi, serait vivant



Il se trouverait, blessé, au nord-est de la Syrie, selon les services secrets irakiens.

Sa mort a été annoncée plusieurs fois, et jamais confirmée. Et pour cause ? Un haut responsable du ministère irakien de l’Intérieur affirme que le chef du groupe État Islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, est vivant. Blessé dans des raids aériens, il serait soigné dans un hôpital de campagne dans le nord-est de la Syrie.



« Nous avons des informations indubitables et des documents de sources au sein de l’organisation terroriste selon lesquelles (Abou Bakr) al-Baghdadi est toujours vivant et se cache dans la (région de la) Jaziré », a déclaré le directeur général du département du Renseignement et du Contre-terrorisme, Abou Ali al-Basri, cité lundi par le quotidien gouvernemental As Sabah. Daech est encore présent dans cette région du nord-est de la Syrie, grande plaine désertique à la lisière de l’Irak.

Un appel à la résistance en septembre

Selon le responsable irakien, le chef djihadiste « souffre de blessures, de diabète et de fractures au corps et aux jambes qui l’empêchent de marcher sans assistance ». Ces blessures lui auraient été infligées pendant « des raids aériens contre les fiefs de l’EI en Irak ».

Les autorités irakiennes ont publié la semaine dernière une liste de dirigeants terroristes recherchés internationalement à la tête desquels figure le « calife » autoproclamé de l’EI. Cheikh Baghdadi apparaît sous son vrai nom, Ibrahim Awad Ibrahim Ali al-Badri al-Samarraï, né en 1971 à Fallouja, en Irak.



(function(d, s, id) {
if (d.getElementById(id)) return;
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js.src = "http://cdn4.wibbitz.com/static.js";
d.getElementsByTagName("body")[0].appendChild(js);
}(document, "script", "wibbitz-static-embed"));


Le 16 juin, la Russie avait dit avoir probablement tué Abou Bakr al-Baghdadi dans un raid fin mai de son aviation près de Raqqa en Syrie. Elle avait ensuite souligné qu’elle continuait de vérifier s’il était bien mort. Le 1er septembre, un haut responsable militaire américain avait affirmé que le chef de l’EI était sans doute encore en vie et se cachait probablement dans la vallée de l’Euphrate, dans l’est de la Syrie. Quelques jours plus tard, un appel à la résistance, lancé aux djihadistes de l’EI, lui était attribué.

>>>Le Parisien

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Ven 23 Fév - 3:23

Sept ans de guerre en Syrie – Réveillons-nous, ils sont devenus fous!


Photo : Le Lion de Palmyre, datant du 1er siècle avant Jésus-Christ, a été détruit par Daech à la pelle mécanique en 2015. Désormais restaurée, cette pièce maîtresse du musée de Palmyre est exposée dans les jardins du musée de Damas. (Photo IVERIS)


Par Michel Raimbaud
Mondialisation.ca, 20 février 2018
Iveris 19 février 2018


Depuis maintenant sept ans, la Syrie est en guerre. Ce pays aimable, tolérant, hautement civilisé que même ses détracteurs ne pouvaient s’empêcher de trouver beau et attachant est d’ores et déjà confronté à un formidable défi, celui de l’après-guerre. Les assaillants barbares venus de cent pays, atlantistes comme islamistes, se sont acharnés à vouloir en détruire les richesses, les infrastructures, les capacités, les monuments, les beautés naturelles afin de le rayer de la carte. Ils ont aussi et surtout tenté de broyer le peuple syrien, d’effacer sa mémoire et son identité afin de l’anéantir.

Depuis maintenant sept ans, la Syrie est en guerre. Ce pays aimable, tolérant, hautement civilisé que même ses détracteurs ne pouvaient s’empêcher de trouver beau et attachant est d’ores et déjà confronté à un formidable défi, celui de l’après-guerre. Les assaillants barbares venus de cent pays, atlantistes comme islamistes, se sont acharnés à vouloir en détruire les richesses, les infrastructures, les capacités, les monuments, les beautés naturelles afin de le rayer de la carte. Ils ont aussi et surtout tenté de broyer le peuple syrien, d’effacer sa mémoire et son identité afin de l’anéantir.

Avec la complicité d’une soi-disant « communauté internationale » en trompe-l’œil, ils s’emploient maintenant à le priver, autant qu’il sera possible, de toute perspective d’avenir, en lui volant ses droits imprescriptibles : disposer de lui-même, décider, sans ingérence étrangère, de son destin et de son régime politique. Sans pudeur et sans vergogne, les mêmes assaillants ne cachent pas leurs velléités de replacer l’avenir, notamment constitutionnel, de la Syrie sous « tutelle onusienne », c’est-à-dire sous mandat, autant dire sous le joug colonial.

Afin d’effacer l’empreinte géographique d’une Syrie mère de la civilisation (y compris la nôtre), peut-il y avoir un moyen plus efficace que de disperser un peuple et surtout de briser un Etat qui a commis le crime de lèse-majesté ? En effet, au final, l’entreprise est destinée à faire de ce qui fut jadis une grande Syrie un archipel de mini-entités, et de son peuple une mosaïque tribalisée ayant vocation à être vaporisée en une vaste diaspora : dans une première approche, ce crime inqualifiable mérite la double qualification de « politicide » – la dissolution d’un Etat qui dérange – et d’ethnocide – l’anéantissement d’un peuple qui résiste.

C’est ce qui est inscrit dans le « grand dessein » néoconservateur. Ce dernier, notons-le au passage, reviendrait à infliger à la Syrie le destin réservé depuis 70 ans à la Palestine, pan de terre volé sous l’égide du colonialisme triomphant. Le sort des Syriens pourrait alors ressembler à celui des Palestiniens, irrémédiablement spoliés au nom d’une « mission divine ». Le sinistre destin des peuples amérindiens, éliminés de l’histoire, est là pour rappeler de quoi sont capables les colons venus d’ailleurs.

Les dégâts sont immenses, se chiffrant en centaines de milliards de dollars, auquel il conviendrait d’ajouter – mais c’est leur problème – les millions, billions ou trillions dépensés par les « puissances » assaillantes pour conduire leurs batailles « pour la démocratisation ».

Il ne sert à rien d’invoquer les valeurs de la morale, naturelle ou religieuse, le droit international et la légalité onusienne, voire la simple décence, face à des agresseurs sans foi ni loi. On ne peut attendre d’Etats qui s’érigent en gendarmes de la planète tout en se comportant comme des régimes voyous une quelconque logique. Il est paradoxal, après tout ce temps, ces horreurs, ces massacres, ces actes de sauvagerie, cette barbarie, que l’on trouve encore dans le grand Occident « démocratique » tant de défenseurs de l’indéfendable, tant d’admirateurs des djihadistes présentés comme démocrates ou « modérés ». Les intellectuels sont piégés par leur aveuglement initial, les médias sont plombés par l’omerta, les politiques sont otages de leur doxa néoconservatrice, dans l’Hexagone comme dans tout le monde judéo-chrétien.

Pourquoi un tel acharnement, une telle obstination dans le mensonge ? C’est que la Syrie est depuis longtemps dans le collimateur de l’Amérique, de la Grande-Bretagne et d’Israël. La Syrie historique est le centre de gravité du Proche-Orient, le lieu de naissance des trois religions révélées, le cœur battant de l’arabisme, symbole de l’islam moderne et tolérant, siège des premiers califes : un héritage très lourd à assumer, mais qui a assuré à ce « phare de l’Orient » un prestige indéniable auprès des Arabes et une aura de sympathie chez les Musulmans.

Tolérante, multiconfessionnelle, moderne, républicaine, forte de son identité et de sa conscience historique, elle représente ce que les extrémistes de tout bord exècrent par-dessus tout.

Depuis son indépendance et la création d’Israël, la Syrie n’a cessé d’apporter un soutien indéfectible à la cause palestinienne et est toujours apparue comme un Etat rebelle à l’ordre israélo-atlantique. Face au délabrement du monde arabe, la Syrie s’est inscrite dans l’axe de la résistance et elle résiste. Son armée nationale a tenu le coup seule contre tous durant quatre ans, puis, aidée de ses alliés, a entamé la reconquête, s’affirmant au passage comme le principal artisan de l’éradication de Da’esh, malgré les mensonges et prétentions des usurpateurs fanfarons. L’Etat syrien contrôle désormais les quatre cinquièmes du territoire national, ayant mis en échec, par sa résilience, les plans des agresseurs.

Pour ceux-ci, la Syrie de 2018, après tant de batailles et tant d’essais non transformés, constitue une réalité impensable et intolérable. Il faut donc la faire disparaître de la carte, ne serait-ce qu’en l’ignorant. Il convient pour cela de délégitimer l’Etat, présenté systématiquement comme un « régime », ses institutions, sa constitution, son gouvernement, diaboliser son Président, ignorer les volontés de son peuple, les succès de son armée en les attribuant à ses alliés, voire à ses ennemis.

Il faut dénier au Président et à son entourage tout pouvoir, tout rôle à venir, tout droit de véto, et faire en sorte qu’il ne puisse y avoir de solution politique « syrienne » issue d’un dialogue national, sous l’égide de ses alliés et de ses amis. Il faut au contraire que son sort soit décidé par ses ennemis, par la « communauté internationale » aux aguets, par trois Etats représentant 470 millions de personnes soit 6 à 7% de l’humanité, lesquels pestent de ne plus pouvoir imposer leur loi au Conseil de Sécurité

Décidément, le monde est tombé sur la tête puisqu’il n’y a plus de légalité internationale, plus de respect du droit onusien, censé être la bible des diplomates. Les faux gendarmes du monde qui en sont les fauteurs de désordre, les cambrioleurs qui crient au vol, les violeurs de la légalité qui crient au viol, les agresseurs qui s’indignent des agressions de l’armée syrienne, les pratiquants d’ingérences illégales qui s’indignent de l’intervention légale des alliés et partenaires de l’Etat, tout ce beau monde s’agite et manœuvre au grand jour.

Exit les comparses et les forces écran, voilà que les commanditaires et les parrains véritables ont jeté le masque et s’emploient à réaliser ouvertement ce qu’ils ont échoué à faire par procuration durant sept ans. Israël au Sud, l’Amérique et ses affidés européens au nord–est en appui des forces kurdes portées aux nues, la Turquie au nord-ouest contre les projets des Kurdes et tous contre Bachar al-Assad. Le prétexte de la lutte contre Da’esh et le terrorisme apparaît maintenant pour ce qu’il était, une fumisterie que défendent les ennemis de la Syrie légale et à laquelle ne croient plus que les imbéciles.

Jean-Yves Le Drian exige (sic) « le retrait de tous ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ». Il ose. Devinez qui sont pour lui ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ? Oui, vous avez gagné : l’Iran, le nouveau diable à la mode, le Hezbollah terreur d’Israël, la Russie, les forces « chiites » d’Irak.

Vous savez donc quels sont les pays qui ont à y faire : les trois obsédés du bombardement humanitaire, ceux qui possèdent des armes de destruction massive, violent systématiquement le droit international, soutiennent le terrorisme quand ils ne l’ont pas créé, ceux qui souhaitent piller tranquillement les ressources pétrolières et gazières de la Syrie et de la région : en d’autres mots, l’Amérique et ses fidèles. Pour faire bon poids bonne mesure, ajoutons Israël, ami des « révolutions arabes » qui détruisent les Etats du même nom, la Saoudie, grande démocratie devant l’éternel et spécialiste en constitutions, en droits de l’homme et de la femme, et en tolérance religieuse, la Turquie membre éminent de l’OTAN, ennemie des turcs des montagnes, mais amie des séparatistes kurdes de Syrie ou d’Irak et soutien des djihadistes, le Qatar à condition qu’il continue à acheter tout et n’importe quoi dans notre pays en difficulté.

Pour le reste, la Syrie a tenu bon pendant de longues années, son armée est capable de soutenir les assauts d’Israël et d’abattre les avions qui l’attaquent. Elle est solidement ancrée dans un axe de la résistance résolu et bien coordonné, soutenue par des alliés fiables, à commencer par la Russie. La Syrie n’est pas un figurant, elle est au centre d’une guerre globale. Combien d’Etats auraient résisté comme elle l’a fait ?

Messieurs les « amis de la Syrie », ennemis de son « régime » et de son Président, vous avez maintenu la fiction d’un soulèvement populaire contre un « tyran massacreur ». En quoi cela vous regarde-t-il ? Vous avez d’ailleurs tout faux et le savez bien puisqu’en réalité le pays qui vous obsède est avant tout victime d’une guerre d’agression qui met en danger son existence.

L’Etat syrien a sûrement le droit de piloter les négociations qui décideront de son avenir et de récuser toute ingérence des agresseurs. Il a le droit de refuser vos ingérences, vos plans de partition et vos projets tordus. Les guerres de Syrie sont depuis belle lurette les composantes d’une guerre universelle en passe de devenir « mondiale ». Si cette agression regarde la « communauté internationale », c’est selon les critères du droit international, codifiés par la Charte des Nations-Unies, qu’elle doit être considérée… Là, on comprendra très bien que cette approche, la seule envisageable, vous pose un léger problème. Ce problème n’est pas celui du pays agressé. Il est celui de l’agresseur que vous êtes et qui traite la Syrie comme un « pays ouvert » à toutes les aventures et à toutes les entreprises hostiles.

Messieurs les agresseurs, n’oubliez jamais que votre présence en Syrie est illégitime et illégale, y compris s’agissant de vos barbouzes, de vos conseillers spéciaux ou de vos forces-au-sol. Et s’il y a une présence légitime par excellence, ce n’est pas la vôtre, c’est celle de l’Etat syrien, celle des alliés et partenaires du gouvernement de Bachar al-Assad, dont vous exigiez le départ. S’il y a un retrait qu’impose le respect du droit international, c’est celui des pays qui n’ont rien à faire en Syrie, vos pays.

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur
Professeur et conférencier


Qui peut croire que la propagande de guerre qui bat son plein depuis des mois débouchera un jour sur la paix?…




Par Bruno Adrie
Mondialisation.ca, 21 février 2018
Le blog de Bruno Adrie


S’inventer un ennemi, ça ressemble à de la politique extérieure mais c’est en réalité de la politique intérieure. C’est imposer la politique de la bourgeoisie à la masse crédule qu’elle domine et exploite, c’est obliger toutes les forces de la nation à se ligoter autour du projet bourgeois et c’est, last but not least, faciliter le transfert de l’argent public vers les coffres-forts des grosses fortunes privées.

Et pour les ladres qui ont pris le pouvoir et mettent des liasses de billets dans les poches à double fond des costards de leurs marionnettes présidentielles et ministérielles, une guerre qui rapporte sera toujours préférable à une paix qui menace les profits et laisse aux consciences le temps de s’éveiller. Car la guerre, en plus de rapporter et de meurtrir le corps des nations, ça interdit de penser, ça discipline les esprits, ça oblige les insectes qui la contredisent à s’écraser, sous peine de mort.

Notre époque ressemble de plus en plus à une avant-guerre. L’Amérique et les nations-caniches qu’elle promène en laisse ont beau avoir perdu sur tous les fronts, elles persistent. Elles ont beau trouver leurs projets enlisés en Ukraine, ajournés en Syrie et bloqués sous les murailles de la forteresse nord-coréenne, elles ont beau être, pour le moment, condamnées à imposer des sanctions économiques agrémentées de flots de mensonges et d’injures – qui sont l’ADN unique de leur presse au pluralisme trompeur -, elles n’en persévèreront pas moins dans leur projet de bouleverser les équilibres et de dynamiter les obstacles qui se dressent sur la route fangeuse de la mondialisation heureuse qui est leur paradis sur Terre. Qui peut croire que la propagande de guerre qui bat son plein depuis des mois débouchera un jour sur la paix?

Les Etats-Unis continueront de viser, en particulier, le démembrement de la Russie tel qu’exposé, il y a vingt ans, par le défunt Zbigniew Brzezinski qui avait pris sa règle et son crayon pour diviser, dans un numéro de Foreign Affairs, l’empire hérité des tsars en trois bandes égales, pour faire d’un grand pays une nation réduite et enclavée – à l’image de la Serbie privée du Monténégro et condamnée à vendre sa flotte aux enchères – et récupérer – en le plaçant sous mandat international et en appelant un mouvement de colonisation massive – un bassin de Sibérie occidentale au sol-sous bourré de gaz et de pétrole.

Non, je crois que l’Amérique ne cessera jamais de poursuivre le projet de transformer le monde d’abord en champ de ruines puis en level playing field ouvert à l’usure, à l’escroquerie et aux mathématiques truquées de la finance. Et je suis bien certain qu’aucun raisonnement ne parviendra à émouvoir la conscience rabougrie de ceux qui vivent du sang et de la chair des autres. L’État hyper violent américain et les États bonimenteurs européens qui nagent dans son sillage rougi à l’hémoglobine du Pauvre, n’abandonneront qu’à contrecoeur leur projet de conquête globale. Pour qu’ils l’abandonnent, il faudra nécessairement qu’un conquérant, une armée, un empire ou une force inconnue leur brise les jambes, leur coupe les bras, piétine leurs corps et leur transperce le coeur. Car la Sainte Voracité qui commande à Washington et gargouille dans l’estomac jamais assagi des capitales européennes ne connaît, derrière la farceuse légalité inventée pour l’occasion et la morale indignée dont elle pare sa scrofuleuse nudité, que le langage de la force qui fait se dresser les vainqueurs et se coucher les vaincus.
Bruno Adrie

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Sam 24 Fév - 3:10

Bonsoir mes frères & soeurs Very Happy
Avec la guerre en Syrie qui n'en fini pas tant les enjeux de chacun diffèrent Mais ça nos médias n'en parlent pas ou si peu... Non ils préfèrent parler propagande, et mentir. Prenons la Ghouta, le second Alep les médias vous mentent, ils se passent bien de dire que les rebelle (pas d tout) modérés bombardent aux mortiers la capital Damas et tuent femmes et enfants depuis des mois et que ces derniers jours ça c'était intensifier ! Les médias sont partiaux ! Qui sont ses groupes dit Modéré... Ce sont des Takfiris de trois groupes. Jaish al-Islam est sous le contrôle du clan Salafi Alloush et est financé par des "dons" wahhabites d'Arabie Saoudite et du Koweït. Al-Qaida en Syrie (alias le Front Al Nosra) et son groupe allié Faylaq al-Rahman ont également des contingents importants à la Ghouta-Est. Ses groupes S'opposent à toutes évacuations et utilisent les civiles comme bouclier humain. Mais d'un autre côté les médias partiales se gardent bien de montrer le peuple syrien soutenir le gouvernement, voyez ses scènes de liesse lorsque l'armée gouvernementale syrienne entre dans Afrine. Lorsqu'on se donne la peine d'un peu chercher, même les médias mainstreams le disent : Syrie: les groupes rebelles dans la Ghouta opposés à toute évacuation, Mais il faut aller plus loin que la télé et lire leurs articles "spécialisés". On assistent surtout à une guerre d'opinion où les médias très remonté contre Assad depuis toujours perdent toute objectivité et préfèrent reprendre pour ses fameux rebelles qui sont avant tout des islamistes radicaux. Ce que l’occident cherche avant-tout, c'est le changement de régime et non la paix ! Pour compléter, je vous proposes en lecture un article qui fait l'effet d'une bombe sur ses terribles enjeux recherché. Il faudra bien parler des casques blancs aussi disparu comme des fantômes dès Alep repris et qui réapparaissent comme enchantement dès que les rebelles sont en difficulté et que la machine à propagande est en marche (sic).
Akasha.



Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la « stratégie occidentale » …



Dans un anglais quelque peu familier mais précis, Benjamin Norman – diplomate en charge du dossier Proche et Moyen Orient à l’ambassade de Grande Bretagne à Washington – rend compte dans un Télégramme diplomatique confidentiel (TD) du 12 janvier 2018 de la première réunion du « Petit groupe américain sur la Syrie » (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie), qui s’est tenue à Washington le 11 janvier 2018.



Dans ce TD de cinq pages, il dévoile le détail de la « stratégie occidentale » en Syrie : partition du pays, sabotage de Sotchi, cadrage de la Turquie et instructions adressées au représentant spécial de l’ONU Staffan de Mistura qui dirige les négociations de Genève. Un Non Paper (de 8 pages) accompagne ce TD en prévision de la deuxième réunion du « Petit Groupe ». Celle-ci s’est tenue à Paris le 23 janvier dernier, essentiellement consacrée à l’usage des armes chimiques et aux « consignes » adressées par le « Petit Groupe américain » à Staffan de Mistura.

Assistaient à cette réunion du 11 janvier à Washington Hugh Cleary (chef du Département Proche et Moyen-Orient du Foreign Office) ; Jérôme Bonnafont (directeur ANMO/Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d’Orsay) ; David Satterfield (Secrétaire d’Etat-adjoint américain chargé du Moyen-Orient) ; le Jordanien Nawaf Tell et le saoudien Jamal al-Aqeel. L’Américain a ouvert la séance en précisant qu’une deuxième réunion aurait lieu à Paris le 23 janvier.

David Satterfield a confirmé que le président Trump avait décidé de maintenir une importante présence militaire américaine en Syrie, malgré la victoire remportée contre l’« Organisation Etat islamique » (Dae’ch) ; le coût de ce maintien étant fixé à quatre milliards de dollars annuels. Il a précisé que cette présence militaire américaine devait prévenir toute résurgence de Dae’ch, mais surtout empêcher les « Iraniens de s’installer durablement et de s’imposer dans la recherche d’une solution politique ». En troisième lieu, il a insisté sur le fait que la première réunion du « Petit Groupe » devait aussi apporter un « appui matériel et politique important à Staffan de Mistura pour « consolider le processus de Genève ».

L’ensemble des participants a accueilli très positivement cette mise au point afin de « réaliser des progrès substantiels en Syrie durant l’année 2018 » et de « répondre à la propagande d’une victoire russe ». Ensuite, les participants ont insisté sur le « désir russe d’aboutir à une solution politique » qu’il s’agissait d’utiliser pour rendre « plus opérationnels » les objectifs du « Petit Groupe ».



CONSOLIDER LE PROCESSUS DE GENEVE



Les Etats-Unis ont noté qu’ils ne participeraient plus aux réunions d’Astana, ayant réduit « leur participation à un niveau très bas, pour souligner leur engagement envers Genève » ; en des termes définitifs, il est décidé de « tirer un trait conceptuel sur Astana pour revenir à Genève ». Ils ont ensuite estimé que jusqu’à maintenant « Genève restait un échec, malgré les efforts de Staffan de Mistura ». Ils se sont montrés très prudents quant à l’inclusion du cessez-le-feu dans les discussions de Genève : « la vérité étant que nous n’avons tout simplement pas la capacité d’empêcher le régime de grignoter les poches de l’opposition restantes à Idlib et à l’Est de la Ghouta ».

Le TD fait état de grands progrès « réalisés par l’opposition au cours des derniers mois », en soulignant qu’elle « devra encore faire preuve d’une plus grande souplesse pour s’assurer que le Régime ne quitterait pas Genève (…) alors que les Américains n’apportent aucun soutien à l’hypothèse d’un gouvernement de transition tel que le prévoit la résolution 2254 (du Conseil de sécurité des Nations unies) ». Le texte ajoute qu’il « serait tout de même utile que l’opposition puisse cesser d’agiter cette hypothèse à tout bout de champ… »

Il a été aussi convenu que « l’opposition devait faire preuve de plus de flexibilité et arrêter d’agiter l’épouvantail d’un gouvernement de transition », les Américains ajoutant que, sans changer d’objectif final quant à la partition de la Syrie et au départ de Bachar al-Assad, il fallait d’abord « rester en mouvement en procédant à « une manipulation prudente » de l’opposition.

Le représentant français – Jérôme Bonnafont – a posé le problème d’une éventuelle participation de Bachar al-Assad à de futures élections. David Satterfield a répondu que « l’objectif était de créer les conditions et des institutions qui permettraient des élections qu’Assad ne pourrait pas gagner ». Satterfield a ajouté « qu’il n’y avait pas de raison ‘flagrante’ pour empêcher Assad d’être candidat ».

Dans ces conditions, il s’agissait surtout de tester les intentions de la Russie, notamment pour qu’elle arrive « à ce que le Régime soit amené à discuter d’une nouvelle Constitution, d’élections libres sous le contrôle des Nations unies et de la création d’un environnement susceptible de favoriser ces deux processus ». Accord sans restriction de tous les membres de la réunion du « Petit Groupe » pour « ne plus se satisfaire des propos mielleux de Lavrov, afin de mettre Moscou sous pression ».

Pour Satterfield, il s’agit d’amener les Russes à lâcher Assad, « à travers des réunions du Conseil de sécurité et une large campagne de communication publique », estimant que la ré-élection annoncée de Vladimir Poutine fragilisait positivement la position russe…



SABOTER ET INSTRUMENTALISER SOTCHI



L’une des conclusions de cette première réunion du « Petit Groupe » est parfaitement claire : « revigorer Genève pour que Sotchi devienne hors de propos » ; la France réclamant plus de « transparence sur la position russe ». Mais il s’agit encore de ne pas s’opposer « frontalement » à Sotchi « présentant l’avantage de rassembler une part non négligeable de la société civile syrienne », pour en ramener les « apports les plus positifs à Genève, afin de renouveler et relancer ce format de Genève ».

Les Saoudiens ont mis en garde contre un « risque de fragmentation des différents groupes de l’opposition et demandé de l’aide afin de maintenir la cohésion de celle-ci ». Satterfield a rétorqué que leurs représentants devraient « s’engager davantage dans la recherche d’une solution politique plutôt que de profiter de salaires mirifiques et de longs séjours dans des hôtels agréables ». La France a appuyé cette remarque en insistant sur « la communication ». A cet égard, le TD britannique dresse le commentaire suivant : « malheureusement, la Cinquième République française n’a pas vocation à financer cet effort », les représentants britanniques rappelant « que la communication de l’opposition a été financée en premier lieu par… le Royaume-Uni ».

David Satterfield a, ensuite, expliqué que l’opposition turque aux « Unités de protection du peuple kurde (YPG) » empêchait les Kurdes de participer à Genève. Tout en comprenant la position d’Ankara, il a souligné « qu’on ne pouvait pas ignorer un groupe qui contrôlait le tiers de la Syrie (SIC) et qui avait pris la plus grande part à la lutte contre Dae’ch ». Il a expliqué que « les Américains cherchaient à établir un leadership multi-ethnique au nord-est de la Syrie afin de diluer l’hégémonie de l’ YPG ». Par contre, il s’agissait d’imposer les FDS (Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes et sous contrôle américain) dans le processus de Genève.

Commentaire de l’auteur du TD : « je comprends que les Etats-Unis vont nommer William (Bill) Roebuck, leur ex-ambassadeur à Bahreïn, comme représentant spécial des FDS. Je vais suivre, mais cela vaut la peine de rappeler – selon les discussions séparées que nous avons eues, par exemple avec Fiona Hill – que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie sont déjà mauvaises et ne risquent pas de s’améliorer. Par conséquent, les Américains ne sont pas les mieux placés pour faire – en solo – le gros boulot avec les FDS et Ankara ». L’objectif est clairement défini : « amener Staffan de Mistura à accepter à Genève une structure tripartite incorporant l’opposition, Assad et les FDS ».

Du reste, le secrétaire d’Etat adjoint indique qu’un « Non-Paper – Reviving the Syrian Political Track in Geneva– sera communiqué à Staffan de Mistura avant la réunion du 23 janvier à Paris, « afin de mettre les Russes au pied du mur ». Ce document comporte : « une Feuille de route politique, les éléments d’une réforme constitutionnelle, la structure onusienne de supervision des élections et les directives pour l’établissement d’un environnement pacifié ».

Pour leur part, les Jordaniens ont qualifié la session du « Petit Groupe » de « la réunion publique la plus secrète de tous les temps ». Et l’auteur du TD de conclure : « nous devons, pour le moment, garder un groupe constitué uniquement des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie. Les prochains à être invités devraient être l’Egypte et l’Allemagne (pour qui nous avons plaidé). La Turquie devrait également joindre le groupe, mais la discussion avec elle risque d’être empoisonnée par les Kurdes, ce qui rendra plus difficile la neutralisation d’Astana. Il n’y a donc pas urgence à intégrer ces trois derniers pays ».



COMMENTAIRES BELLICISTES



Les commentaires en conclusion de ce TD sont fort éloquents en ce qui concerne l’avenir de la stratégie occidentale en Syrie. Les trois conclusions essentielles soulignent « une vraie réaffirmation du leadership des Etats-Unis dans les coulisses… ». La deuxième perspective consiste à « maintenir la pression sur la Russie, même si celle-ci ne parvient pas à convaincre Moscou de lâcher le régime comme nous l’espérions ».

Sur ce plan, « nous devons continuer – ce que nous faisons déjà – à dénoncer l’horrible situation humanitaire ainsi que la complicité russe dans la campagne de bombardements de cibles civiles ». Enfin, conclut l’auteur du TD, « les Américains m’ont dit combien ils avaient apprécié notre contribution et notre soutien ces derniers mois alors qu’ils étaient en train de finaliser leur stratégie ».


XXX




Voilà qui n’augure pas d’une prochaine sortie de crise en Syrie dans un contexte marquée par quatre évolutions majeures des plus préoccupantes.


1) Les Etats-Unis ont décidé de renforcer et de diversifier leur posture nucléaire. Le Pentagone vient d’annoncer qu’il va développer des armes nucléaires tactiques miniaturisées « pour s’adapter aux nouvelles menaces internationales ». Le président iranien Hassan Rohani a répondu : « comment quelqu’un peut-il parler de paix mondiale et en même temps annoncer qu’il développe de nouvelles armes nucléaires destinées à ses principaux ennemis ? »

2) Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont entendus les 14 et 15 février derniers à Bruxelles sur les grandes lignes d’une nouvelle refonte des structures de commandement de l’Alliance Atlantique. Cette « adaptation – la plus grande depuis la fin de la Guerre froide », selon le secrétaire général Jens Stoltenberg, est proposée par les militaires américains. Elle vise à rendre l’Alliance plus efficace en cas de crise de haute intensité. En clair, il s’agit de « mieux dissuader et répondre aux nouvelles menaces venant de certains Etats, au premier rang desquels la Russie ».

3) Aux lendemains de la destruction d’un chasseur israélien dans l’espace aérien syrien et, alors que la police israélienne demande l’inculpation du premier ministre Benyamin Netanyahou pour corruption, Tel-Aviv accuse l’Iran de s’implanter en Syrie et menace de multiplier ses opérations militaires. Ce n’est pas la première fois que le premier ministre israélien – qui refuse de démissionner – utilise les regains de tension régionale pour consolider son pouvoir personnel et son alliance avec l’extrême-droite du pays.

4) Enfin, le soutien militaire de Washington aux Kurdes de Syrie continue à provoquer l’Ire d’Ankara. La crise de confiance est consommée et l’axe turco-américain est au bord de la rupture. Deuxième contingent de l’OTAN, l’armée turque a dû accompagner le tournant conservateur et anti-occidental après le putsch raté de juillet 2016. Mission vient d’être donnée à un général aux tendances conservatrices et islamistes de restructurer l’armée turque dégarnie par les purges.



En définitive, le TD britannique reflète parfaitement la stratégie occidentale en Syrie : saboter les efforts de paix de Sotchi, ajouter deux nouvelles guerres à la crise syrienne : celle des Turcs contre les Kurdes et celles des Israéliens contre l’Iran et le Hezbollah libanais. « Les Américains n’ont jamais admis leur défaite militaire en Syrie et ne veulent pas lâcher le morceau et surtout leur objectif stratégique principal », commente un haut diplomate français, « celui d’un démantèlement de la Syrie, du type de celui qui a été conduit en Irak et en Libye. Leur volonté est d’armer les Kurdes pour contrôler les régions pétrolières de l’Est syrien afin de pouvoir peser sur la reconstruction politique et économique du pays ». La paix n’est donc pas pour demain.





Source : Prochetmoyenorient. Vu sur Investig'Action

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MessageSujet: Re: Syrie les vrais responsables du conflit    Mer 28 Fév - 3:18

Ayssar Midani : La juste voix franco-syrienne, sitrep n° 35



Trente-cinquième SitRep (rapport de situation) pour la Syrie par Madame Ayssar Midani !!! Partie 1 : https://youtu.be/H9YDPnP_Q24 Partie 2 : https://youtu.be/mhtxa9bH0Jk Pour toutes questions relatives aux prochains SitRep sur la Syrie et adressées a Ayssar Midani, écrire un message sur le compte facebook d'Ayssar Midani a https://www.facebook.com/ayssar.midani ou sur le compte Vkontakte de Thom Aldrin : https://vk.com/thomaldrin




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